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Politique

Exclusif : « Mon fils et moi avons été torturés », le témoignage choc de Sylvia Bongo

Sortie du silence pour la première fois depuis son exil, l’ex-Première dame du Gabon, Sylvia Bongo, livre un récit glaçant sur sa détention après le coup d’État d’août 2023. Entre accusations de sévices corporels et déni de toute influence politique, elle lève le voile sur les coulisses de la chute de la dynastie Bongo.

Une arrestation sous haute tension

Le 30 août 2023, alors que les résultats officiels proclament la réélection d’Ali Bongo, le général Brice Oligui Nguema prend le pouvoir. Sylvia Bongo raconte l’irruption d’hommes cagoulés et armés dès 3 heures du matin. « On nous a cagoulés, on nous a fait nous taire et nous sommes allés au palais présidentiel », explique-t-elle. Dès cet instant, elle dit avoir compris qu’un scénario se préparait contre elle et son fils, Nouredine.

L’horreur des sous-sols de la Présidence

Le point le plus sombre de son témoignage concerne ses conditions de détention. Sylvia Bongo affirme avoir été conduite dans les sous-sols du palais, dans une pièce où était inscrit : « La mort est un réflexe ».

Elle décrit des scènes de torture psychologique et physique visant à lui extorquer des signatures et des accès bancaires :

Elle affirme avoir été forcée de regarder son fils Nouredine se faire battre à coups de barre de fer et étrangler devant elle. « Ils l’ont tapé, ils l’ont étranglé… j’ai vu, c’était mon bébé qui était là », confie-t-elle avec émotion. Les autorités lui auraient signifié que son fils ne survivrait pas une semaine si elle ne fournissait pas ses relevés d’identité bancaire (RIB).

Elle mentionne avoir été elle-même attachée et aspergée d’eau froide pour la contraindre à signer des documents dont elle ignore aujourd’hui le contenu exact.

« Je ne comprends rien à la politique gabonaise »

Face aux accusations du nouveau régime qui la dépeint comme la véritable régente du Gabon après l’AVC de son mari en 2018, Sylvia Bongo se défend fermement. Elle rejette l’image de la « Raspoutine » du palais : « En 14 ans, j’ai dû aller trois fois au bureau de mon mari. Je ne comprends rien à la politique ».

Concernant les détournements de fonds publics s’élevant à des milliards de francs CFA, elle met au défi le pouvoir actuel de fournir des preuves tangibles devant les juridictions internationales, où elle a d’ores et déjà porté plainte.

Un exil sans retour

Libérée en mai 2025 grâce à la médiation du président angolais João Lourenço, Sylvia Bongo vit désormais en exil (vraisemblablement entre Londres et l’Angola). Sa conclusion est sans appel : elle ne remettra plus jamais les pieds au Gabon. « J’ai eu trop mal. Je retournerai plus au Gabon. » Si elle dit s’en remettre à la justice divine pour le général Oligui Nguema, elle demande que justice soit faite pour les violences subies par son fils.

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