Les Forces armées de Côte d’Ivoire (FACI) ont lancé un important exercice de simulation grandeur nature débutant le 22 septembre 2025 dans le District autonome de Yamoussoukro, officiellement présenté comme une préparation à la sécurisation de la présidentielle du 25 octobre 2025. Le gouvernement a multiplié les dispositifs et opérations de sécurité qualifiés localement d’« opérations » pour assurer l’ordre et la protection du scrutin dans un contexte où plusieurs personnalités politiques ont été évincées ou ont contesté des décisions judiciaires. (Jeune Afrique)
Pourquoi l’armée organise ces exercices ?
- Prévenir les violences le jour du scrutin (protéger bureaux de vote, personnalités, infrastructures). (In Côte d’Ivoire)
- Tester la coordination inter-services : armée, police, gendarmerie et services de secours doivent fonctionner ensemble en cas d’incident. (FratMat)
- Afficher une capacité de réaction rapide face aux menaces (terrorisme régional, troubles localisés, mouvements armés). Le contexte ouest-africain et les défis sécuritaires sous-régionaux pèsent dans cette logique. (Le Monde.fr)
Les risques et les critiques
- Perception de militarisation : le déploiement visible de forces et d’exercices à l’approche d’un scrutin peut être perçu comme une manière d’intimider l’opposition ou de « sécuriser » le terrain politique en faveur du pouvoir en place. Des médias et ONG l’ont déjà signalé comme un facteur de tension. (African Arguments)
- Atteintes aux libertés publiques : reporters et acteurs de la société civile ont rapporté menaces et pressions depuis plusieurs mois ; une présence militaire accrue risque d’empirer la situation si elle n’est pas encadrée. (Reporters Without Borders)
- Problème de transparence et de contrôle civil : sans communication claire sur les scénarios, la durée et les règles d’engagement, les exercices nourrissent les rumeurs et la méfiance. (Lavenir.ci)
Que disent les analyses externes ?
Des think tanks et groupes d’experts (Crisis Group, International SOS) recommandent de combiner préparation sécuritaire et garanties démocratiques : transparence des opérations, dialogue avec l’opposition, protection des journalistes et observation internationale pour éviter les dérives. (Crisis Group)
Les exercices grandeur nature des FACI sont compréhensibles comme réponse à de vrais risques sécuritaires à l’approche d’un scrutin sensible. Mais sans transparence, supervision civile et garanties de protection des libertés, ils peuvent alimenter la méfiance, la polarisation et le risque d’intimidation politique. L’enjeu est d’articuler efficacement sécurité et démocratie et les autorités ont intérêt à le démontrer publiquement. (In Côte d’Ivoire)































