L’initiative baptisée « 100 000 jeunes unis derrière le Président Paul Biya en 2025 » a marqué l’actualité politique camerounaise ces derniers mois. Prévue dans la capitale régionale de l’Extrême-Nord, cette mobilisation qui se voulait un soutien massif à la candidature du chef de l’État pour la présidentielle de 2025, a finalement suscité autant d’adhésion que de vives polémiques.
Une mobilisation annoncée comme historique
Sous le patronage du président de l’Assemblée nationale, Cavaye Yeguié Djibril, et portée par Elhadj Boukar Abdourahim, l’événement avait pour ambition de rassembler 100 000 jeunes autour de Paul Biya. Le rendez-vous du 10 mai 2025 à Maroua devait symboliser une démonstration de force du parti au pouvoir, le RDPC, dans une région stratégique.

Opposition des autorités traditionnelles et critiques des jeunes
Cependant, l’initiative a vite rencontré une série d’obstacles. Le Lamido de Maroua a publiquement rejeté la démarche, estimant qu’elle risquait d’accentuer les divisions communautaires. Parallèlement, des collectifs de jeunes de l’Extrême-Nord ont dénoncé une instrumentalisation politique. Ces derniers ont proposé une alternative citoyenne : « 100 000 actes de naissance, 10 000 microprojets, 100 000 tables-bancs » au lieu d’un simple rassemblement partisan.
Une mobilisation tenue, mais en deçà des attentes
Malgré les appels au boycott et l’interdiction administrative initiale, la marche a eu lieu. Si la foule était bien au rendez-vous, l’objectif de 100 000 participants n’a pas été atteint, selon plusieurs observateurs. Des images de jeunes, parfois même d’enfants, brandissant des pancartes à l’effigie de Paul Biya ont par ailleurs déclenché un tollé sur les réseaux sociaux et alimenté les critiques de l’opposition.
Un soutien qui s’étend au-delà de l’Extrême-Nord
Alors que la polémique enfle à Maroua, une autre initiative a vu le jour dans le Sud-Ouest. Des jeunes y ont collecté 5 millions de FCFA afin de contribuer au cautionnement exigé pour la candidature de Paul Biya, preuve que le soutien au chef de l’État, au pouvoir depuis 1982, reste bien présent dans certaines franges de la jeunesse.
Analyse : une jeunesse partagée entre fidélité et revendications
La mobilisation des jeunes pro-Paul Biya révèle les fractures politiques au Cameroun à l’approche de l’échéance électorale de 2025. Si une partie de la jeunesse continue d’afficher un soutien indéfectible au président, d’autres appellent à des réformes profondes et à des investissements concrets dans l’éducation, l’emploi et l’inclusion sociale.































