Le District Autonome d’Abidjan s’apprête à bouleverser le transport intercommunal. À partir du jeudi 6 mars 2025, les minicars communément appelés « Gbaka » ne seront plus autorisés à entrer dans la commune d’Adjamé. Cette décision, visant à fluidifier la circulation, suscite autant d’espoirs que d’inquiétudes.
Un trafic saturé et des nuisances en cause
Adjamé, véritable plaque tournante du transport en commun à Abidjan, est connu pour son trafic chaotique. Entre les gares surchargées et les stationnements anarchiques, la circulation y est souvent paralysée. Les Gbaka, pointés du doigt pour leur conduite désordonnée, sont considérés comme un facteur majeur de cette congestion.
Pour améliorer la mobilité urbaine, les autorités ont donc décidé de déplacer les terminus et stations autrefois situés à Liberté, Renault ou en bas du pont d’Adjamé.
Une réorganisation du transport intercommunal
Désormais, toutes les lignes reliant Abobo, Bingerville, Yopougon et d’autres communes auront un point unique d’embarquement et de débarquement : l’ancienne casse d’Adjamé, à Pont Ferraille. L’objectif est de centraliser les flux de transporteurs dans un espace mieux aménagé, réduisant ainsi l’encombrement du centre d’Adjamé.
Selon Sansan Ludovic, Directeur du Transport et de la Mobilité Urbaine du District Autonome d’Abidjan, cette réforme s’inscrit dans un plan global de modernisation du transport en commun, visant plus de sécurité et d’organisation.
Des inquiétudes pour les transporteurs et les passagers
Si cette mesure ambitionne d’améliorer la circulation et la sécurité, elle n’est pas sans conséquences. Les conducteurs de Gbaka et les syndicats du secteur craignent une baisse de leur activité en raison de l’éloignement du nouveau terminus.
Les usagers, quant à eux, redoutent une augmentation des frais de transport, puisqu’ils devront peut-être payer une correspondance pour rejoindre le centre d’Adjamé. L’accessibilité et l’aménagement du site de l’ancienne casse restent donc des préoccupations majeures.
Pour l’instant, la mesure n’est pas encore appliquée. Les autorités du District d’Abidjan précisent qu’elles en sont encore à la phase d’aménagement du nouveau site. Affaire à suivre.































