Dans l’émission Le Grand Talk du lundi 7 avril sur Life TV, le chroniqueur Daouda Coulibaly alias « Sa Majesté » a déclenché une vive polémique en évoquant le salaire d’un instituteur-adjoint (IA). Selon lui, un IA fraîchement sorti de formation toucherait jusqu’à 340.000 francs CFA, soit bien plus que certains fonctionnaires de grade A4 de l’administration générale. Une sortie vivement critiquée par Koubi Seri Fils, professionnel de l’Éducation, qui remet les pendules à l’heure.
Des chiffres contestés
Contrairement aux propos du chroniqueur, un instituteur-adjoint débute avec un indice de 705, soit un salaire de base de 164.587 F CFA. À cela s’ajoutent diverses indemnités : résidence (24.688 F), logement (60.000 F) et transport (entre 10.000 et 20.000 F selon la localité). Le salaire brut varie donc de 259.275 F à 269.275 F, bien en deçà des 324.000 à 340.000 F évoqués à l’antenne.
« Ce sont des chiffres gonflés qui peuvent créer des tensions entre les enseignants et leur entourage », s’indigne Koubi Seri. Il appelle à la rigueur et à la responsabilité lorsqu’il s’agit d’aborder la question sensible des rémunérations publiques.
Comparaison avec le grade A4
Le professionnel compare également ce salaire avec celui d’un fonctionnaire de grade A4, qui débute avec 895 points d’indice, soit 208.943 F de salaire de base. En ajoutant les indemnités, ce traitement brut varie de 320.284 F à 330.284 F, bien supérieur à celui de l’IA.
Le poids des déductions
Les salaires nets, après impôts et retenues (retraite, MUGEFCI), ramènent l’IA en localité rurale à 214.114 F et le fonctionnaire A4 à 259.704 F. « Il ne suffit pas de citer un montant brut pour faire croire que les enseignants roulent sur l’or », déplore-t-il.
Des luttes pour la reconnaissance
Koubi Seri rappelle que les enseignants ne sont pas les seuls à bénéficier d’indices spécifiques : officiers de police, magistrats, greffiers ou encore personnels pénitentiaires ont obtenu des avantages à force de mobilisation. Il défend le droit des enseignants à revendiquer « une part juste de la richesse nationale ».
Enfin, il se dit prêt à être invité sur les plateaux pour expliquer, chiffres à l’appui, la réalité des traitements dans la Fonction publique. « La population mérite la vérité. Trop, c’est trop », conclut-il.































