Invité sur le plateau de France 24, l’ancien député et opposant gabonais Bertrand Zibi Abeghe a vivement réagi aux récentes déclarations de l’ex-première dame, Sylvia Bongo. Entre indignation et rappel des traumatismes passés, il dénonce une mise en scène et revient sur les violences du régime déchu.

Le ton est monté d’un cran dans l’arène politique gabonaise. Bertrand Zibi Abeghe, figure de proue de l’opposition ayant passé six ans derrière les barreaux sous l’ère Ali Bongo, n’a pas mâché ses mots face aux accusations de séquestration et de torture portées par Sylvia Bongo contre le nouveau pouvoir de Libreville.
« Une très mauvaise comédie »
Pour celui qui est désormais conseiller stratégique de l’Union des Bâtisseurs, les propos de l’ancienne première dame ne sont rien d’autre qu’une stratégie de communication désespérée. « C’est avec beaucoup d’indignation mais surtout de colère que nous avons suivi celle qui se faisait appeler la « sorcière » par les Gabonais », a-t-il déclaré.
Zibi Abeghe a rappelé le train de vie fastueux et le caractère jugé impitoyable de l’ex-régente, citant des épisodes où elle aurait interdit l’accès d’Ali Bongo à sa propre famille durant sa convalescence. Il a également balayé les accusations de mauvais traitements infligés à son fils, Noureddin Bongo, les qualifiant de « comédie de mauvaise facture ».
Le traumatisme de la prison centrale
Il affirme avoir été immergé dans une fosse septique pendant trois jours après son arrestation au QG de Jean Ping en 2016. Il a décrit son passage au « CB », un bloc de béton de haute sécurité où il a perdu une grande partie de son acuité visuelle, avant d’être transféré pendant plus de quatre ans dans un quartier réservé aux malades mentaux. Selon lui, les ordres de torture émanaient directement du sommet de l’État sous l’ancien régime.
En quête de vérité sur le 31 août 2016
Au-delà de la polémique actuelle, Bertrand Zibi Abeghe appelle à ce que toute la lumière soit faite sur les événements sanglants qui ont suivi l’élection présidentielle de 2016. Évoquant des enquêtes récentes de la presse française (notamment un article de Marianne), il soutient que le bilan réel des victimes au QG de Jean Ping frôlerait les 100 morts, loin des chiffres officiels de l’époque.
« La vérité finira par sortir », a-t-il conclu, précisant que des centaines de documents classés « secret défense » font l’objet d’une attention particulière des enquêteurs. Pour l’ancien prisonnier politique, le combat pour la justice ne fait que commencer, alors que le Gabon tente de tourner la page de la dynastie Bongo sous la direction du général Brice Clotaire Oligui Nguema.































