Après des années de brouille, les relations entre Laurent Gbagbo et son ancien Premier ministre, Pascal Affi N’Guessan, semblent amorcer un tournant. La rupture officielle, datant d’août 2021, pourrait laisser place à une trêve stratégique à l’approche de la présidentielle d’octobre 2025.
Des gestes de rapprochement de plus en plus visibles
Depuis plusieurs mois, les signes d’apaisement se multiplient. Pour la première fois, Laurent Gbagbo a convié Pascal Affi N’Guessan à se tenir à ses côtés lors d’une manifestation du Parti des Peuples Africains Côte d’Ivoire (PPA-CI), qu’il a fondé à son retour de La Haye.
Affi N’Guessan, qui conduira une importante délégation du Front Populaire Ivoirien (FPI) au meeting de protestation prévu ce samedi à Yopougon, voit ce geste comme un pas décisif vers la réconciliation. Apolos Dan Thé, vice-président du FPI, salue cette dynamique : « Les signes de rapprochement entre le président Gbagbo et son ancien Premier ministre se multiplient. Avant la marche du 9 août, ils s’étaient déjà entretenus par téléphone. Les nuages se dissipent entre nos deux partis. »
Une brouille qui dure depuis 2014
Les tensions entre Gbagbo et Affi N’Guessan remontent à 2014. À l’époque, Gbagbo, alors détenu à La Haye, contestait la direction du FPI assumée par Affi. Les divergences se cristallisent autour de la stratégie politique à adopter face au pouvoir en place, provoquant une scission durable au sein du parti historique. Affi N’Guessan, reconnu officiellement comme président légal du FPI, privilégie la participation politique, tandis que les partisans de Gbagbo optent pour une posture plus radicale.
Depuis son retour en Côte d’Ivoire en 2021, Gbagbo a multiplié les gestes en faveur de l’apaisement. Le 9 août dernier, lors d’un discours au Palais de la Culture, il a déclaré :
« Aujourd’hui, je suis revenu de prison, il nous faut avancer. Je propose : laissons Affi avec l’enveloppe qu’il détient. Nous allons baptiser le FPI autrement. Nous allons continuer à lutter. Le FPI, c’est nous. Nous allons changer de nom. C’est tout. »
Vers une unité stratégique pour 2025 ?
Depuis l’appel de Bonoua en juillet 2024, les deux camps semblent privilégier une logique de dialogue et de compromis plutôt que l’affrontement verbal. L’invitation de Gbagbo à Affi pour le meeting du 16 août constitue un signal fort. Pour certains observateurs, ce geste pourrait préparer le terrain à une alliance électorale ou, à minima, à une trêve stratégique en vue de la présidentielle.
La décennie de tensions semble donc s’orienter vers une phase d’apaisement, où le dialogue pourrait enfin prévaloir sur le conflit.































