Jacqueline Biley, épouse de l’Ambassadeur Georges Ouégnin, s’est éteinte ce lundi 7 avril 2025. Discrète, élégante, et profondément ancrée dans l’histoire sociale et politique de la Côte d’Ivoire, elle laisse derrière elle une famille influente et un souvenir empreint de dignité et de fidélité.
Née en 1945, Jacqueline Biley a traversé, en tant que témoin privilégié, les grandes mutations de la Côte d’Ivoire indépendante. C’est en 1967 qu’elle épouse Georges Ouégnin, alors proche collaborateur du président Félix Houphouët-Boigny et futur directeur du protocole d’État pendant plus de trois décennies. Une union qui scelle non seulement un lien conjugal fort, mais aussi un destin partagé au cœur du pouvoir.
La force tranquille de la maison Ouégnin
Si son époux était omniprésent dans les cercles diplomatiques, protocolaires et politiques, Jacqueline Biley, elle, incarnait la force tranquille du foyer. Femme de l’ombre, elle a su conjuguer avec finesse son rôle d’épouse d’un haut fonctionnaire de l’État avec celui de mère. Ensemble, ils ont élevé cinq enfants : Stéphane, Georges-Emmanuel, Marie-Isabelle, Jacques-Philippe (décédé en 2008) et Yasmina, figure politique emblématique, députée de Cocody depuis 2011.
La maison Ouégnin, longtemps installée dans le quartier huppé de Cocody, était réputée pour son hospitalité discrète. Ceux qui l’ont connue décrivent une femme réservée mais chaleureuse, aux valeurs solides, qui veillait à maintenir la cohésion familiale dans un environnement marqué par les exigences du protocole et les contraintes du pouvoir.
Une vie à l’écart de la lumière, mais au cœur de l’Histoire
Jacqueline Biley n’aimait pas les projecteurs. Pourtant, elle a été aux premières loges de l’histoire politique ivoirienne : les visites d’État, les crises, les successions politiques. Son mari, fidèle à Houphouët jusqu’à la fin, était souvent en déplacement. Elle, de son côté, maintenait l’équilibre, veillant sur les siens avec une discrétion toute en élégance.
En 1978, le couple investit dans l’immobilier à Abidjan, en achetant un terrain à Aniaman. Cette acquisition, effectuée dans les règles via une société civile immobilière, deviendra plus tard un sujet de litige judiciaire avec certains héritiers Houphouët, que Georges Ouégnin défendra fermement. Derrière ces affaires, Jacqueline restait silencieuse, digne, loin des polémiques.
Une figure maternelle, un pilier silencieux
Ce que l’on retiendra de Jacqueline Biley Ouégnin, c’est cette capacité rare à être présente sans s’imposer, à exister pleinement dans un second rôle sans jamais l’envier. Elle fut le pilier d’une famille qui, aujourd’hui encore, continue de marquer la vie publique ivoirienne. Yasmina Ouégnin, la benjamine, n’a jamais caché l’influence que sa mère a eue sur sa construction personnelle et sa vision de l’engagement.
Le décès de Jacqueline Biley referme un chapitre d’élégance, de retenue et de loyauté. Elle rejoint désormais son fils Jacques-Philippe, disparu prématurément en 2008.
Un dernier hommage
Alors que la Côte d’Ivoire lui rend hommage en silence, la famille Ouégnin s’apprête à lui dire adieu dans l’intimité. Mais dans les cœurs de ceux qui l’ont connue, elle reste cette femme d’un autre temps, profondément humaine, témoin d’une époque et figure maternelle dont la sagesse et la discrétion resteront une source d’inspiration.
À Jacqueline Biley Ouégnin, la Côte d’Ivoire dit merci.































