Sur le plateau de NCI 360 ce dimanche 26 avril, l’historien et analyste Arthur Banga a passé au scanner les turbulences qui secouent le parti au pouvoir. Entre héritage du RDR et nécessité de cohésion, l’heure est aux grandes manœuvres pour éviter le chaos interne.
Alors que le RHDP savoure encore sa victoire écrasante aux législatives de décembre 2025, le climat interne semble s’alourdir. Sanctions en série, frustrations étouffées et sorties médiatiques musclées : le parti unifié est-il en train de perdre son unité ? Pour le Docteur Arthur Banga, invité de l’émission phare de NCI, il faut savoir lire entre les lignes de l’histoire.
Un héritage complexe : « Le RHDP n’est pas un RDR Bis »
L’un des points forts de l’intervention de l’historien a été de rappeler la genèse du mouvement. Pour Banga, on ne peut comprendre les tensions actuelles sans regarder le chemin parcouru depuis 2005. « Le RHDP est né de la volonté de fusionner des identités fortes », rappelle-t-il, soulignant que même le défunt président Henri Konan Bédié avait apposé sa signature au bas du manifeste du parti unifié en 2018. Face à ceux qui voient dans le RHDP une simple extension du RDR, l’analyste tranche : ce n’est pas un « RDR Bis« , mais une construction politique originale qui doit désormais gérer son hégémonie sans s’autodétruire.
Le déséquilibre du pouvoir : L’alerte rouge
Si Arthur Banga reconnaît que la crise n’est pas encore « structurelle », il pointe du doigt un déséquilibre qui alimente les rancœurs. Selon son analyse :
Au Gouvernement, une domination marquée des cadres issus de l’ancien RDR, dans les Institutions , un équilibre plus respecté, proche du « moitié-moitié ».
Ce décalage crée des frictions que le parti doit impérativement adresser. Pour l’historien, ce sont des « signaux d’alerte » qu’il ne faut pas balayer d’un revers de main si le parti veut maintenir son leadership sur l’échiquier national.
Le défi de « l’après-Ouattara » : Mettre de l’eau dans son vin
La véritable question qui hante les couloirs du parti reste celle de la transition. Arthur Banga a été on ne peut plus clair : la survie du RHDP après Alassane Ouattara dépendra de sa capacité à éteindre les « guerres intestines » dès aujourd’hui.
« L’après sera compliqué si l’on s’inscrit toujours dans ces logiques de clans », a-t-il prévenu, appelant les cadres à la retenue et à l’harmonie. Pour lui, la discipline ne doit pas seulement être punitive (en référence aux 176 cadres sanctionnés), mais elle doit être le fruit d’un consensus solide sur l’avenir.
L’œil de l’expert : La pédagogie par l’exemple
Fidèle à son style, Arthur Banga n’a pas manqué de saluer l’action de terrain, accordant un « carton vert » au Gouverneur Cissé Bacongo pour sa démarche pédagogique à Abidjan. Une manière de rappeler que, loin des querelles de clocher, c’est l’efficacité de l’action publique qui restera le meilleur argument électoral du RHDP.































