À seulement deux mois des élections législatives, locales et sénatoriales prévues le 24 mai prochain, le gouvernement guinéen a pris une décision qui secoue la scène politique : la dissolution de plus de 40 partis d’opposition. L’annonce a été faite par arrêté ministériel et diffusée sur les antennes de la télévision nationale dans la nuit du 6 au 7 mars. La mesure est signée par Ibrahima Kalil Condé, ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation.
Une décision qui choque les acteurs politiques
Pour les responsables de ces partis, cette décision est injuste et arbitraire. Rafiou Sow, président du Parti du renouveau et du progrès (PRP), a déclaré à BBC News Afrique :
« En tant qu’acteur politique guinéen, je continuerai à animer le débat politique de mon pays. »
De son côté, Souleymane Souza Konaté, porte-parole de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), a dénoncé un « musèlement définitif de toutes les voix discordantes ».
Parmi les partis dissous figurent des noms emblématiques :
Rassemblement du peuple de Guinée (RPG), de l’ancien président Alpha Condé
Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), de l’ancien Premier ministre Cellou Dalein Diallo
Union des forces républicaines (UFR), de l’ancien Premier ministre Sidya Touré
Une justification contestée par le gouvernement
Selon l’arrêté ministériel, ces formations politiques ne seraient pas conformes à la nouvelle législation adoptée en 2025. Cette non-conformité entraînerait la perte immédiate de leur personnalité morale et de leur statut juridique, les empêchant ainsi d’exercer toute activité politique sur le territoire national.
Cependant, cette explication est loin de convaincre. Acteurs politiques et organisations de la société civile dénoncent un rétrécissement de l’espace politique et civique et mettent en doute les véritables motivations de cette mesure.
Vers des tensions accrues
À l’approche des élections, cette décision pourrait avoir des conséquences importantes sur le climat politique guinéen, suscitant inquiétudes et critiques tant à l’intérieur qu’à l’international. La question reste de savoir comment ces partis dissous et leurs leaders réagiront dans les prochaines semaines et quelles seront les implications pour le processus électoral prévu le 24 mai.































