La Côte d’Ivoire et l’Afrique perdent une figure emblématique de la diplomatie en la personne d’Amara Essy. Si son décès venait à être confirmé, ce serait la fin d’un parcours exceptionnel, marqué par un engagement constant en faveur du dialogue, de la paix et de l’unité du continent africain.

Une carrière taillée pour la scène internationale
Né le 20 décembre 1944 à Bouaké, Amara Essy est diplômé en droit public et détenteur d’un diplôme d’études supérieures dans le même domaine. Très tôt, il intègre le corps diplomatique ivoirien, où il gravit tous les échelons avec rigueur et élégance.
Il commence en 1970 comme chef des relations économiques, avant d’enchaîner les postes prestigieux : conseiller à l’ambassade de Côte d’Ivoire au Brésil, représentant permanent à Genève et Vienne, puis aux Nations Unies à New York, où il présidera le Conseil de sécurité en janvier 1990.

Ministre, président d’instances onusiennes et panafricaines
De 1990 à 2000, Amara Essy occupe le poste de ministre des Affaires étrangères de la Côte d’Ivoire. Il est ensuite élu président de la 49e session de l’Assemblée générale des Nations Unies en 1994, une première pour un Ivoirien.
En 2001, il prend les rênes de l’Organisation de l’unité africaine (OUA) à un moment clé : la transformation de l’institution en Union africaine (UA). Il assure la transition en tant que premier président par intérim de la Commission de l’UA, de 2002 à 2003.
Un panafricaniste discret mais influent
Fervent partisan d’une Afrique forte et unie, Amara Essy a marqué les esprits par sa capacité à rassembler, à dialoguer et à représenter le continent avec dignité sur les grandes scènes internationales. Il a également siégé à la Global Leadership Foundation, œuvrant pour la démocratie et la bonne gouvernance.

Une figure de sagesse qui s’éteint
Si son décès est confirmé, il laisserait derrière lui une génération de diplomates ivoiriens et africains inspirés par son exemple. Sa voix pondérée, son sens du compromis et sa vision pour l’Afrique resteront dans les mémoires comme les piliers d’un homme d’État profondément attaché à l’idéal panafricain.































