L’élimination du Mali en quart de finale de la CAN 2025 face au Sénégal (1-0) n’a pas seulement mis fin au rêve de sacre des Aigles. Elle a également provoqué la chute spectaculaire d’un homme devenu célèbre sur les réseaux sociaux pour ses “prédictions mystiques”.
Se présentant comme marabout, un certain M. Sinayogo avait promis, contre des dons financiers, une victoire finale du Mali à la Coupe d’Afrique des nations. Son discours, largement relayé sur les plateformes numériques, avait convaincu de nombreux supporters, au point de lui permettre de récolter plus de 22 millions de francs CFA (environ 33 500 euros), selon l’un de ses collaborateurs.
De la promesse au scandale
Mais vendredi, le rêve s’est brisé sur la pelouse. Battus par le Sénégal en quart de finale, les Aigles quittent la compétition, et avec eux, s’effondre la crédibilité du “marabout”. Très vite, la colère gronde.
Une foule de supporters furieux s’est rendue à son domicile pour lui demander des comptes. Il a fallu l’intervention de la police pour éviter un dérapage et exfiltrer l’homme, visiblement dépassé par les événements.
Arrestation pour escroquerie
Selon plusieurs sources locales, M. Sinayogo a finalement été interpellé samedi et placé en détention à la brigade de lutte contre la cybercriminalité, pour escroquerie. Deux vidéastes qui travaillaient avec lui et lui ont rendu visite en détention ont confirmé l’information.
« Le charlatanisme est puni par la loi au Mali », a rappelé un responsable du service de lutte contre la cybercriminalité, cité par l’AFP.
Il reconnaît toutefois que l’interpeller plus tôt était délicat, en pleine ferveur populaire autour de la CAN.
Un personnage au parcours trouble
D’après un créateur de contenus proche du dossier, l’homme n’était pas connu à l’origine pour des pratiques mystiques.
« C’était au départ un activiste politique. Il s’est proclamé marabout du jour au lendemain… et il a fait fortune », explique-t-il.
Cette affaire relance une fois de plus le débat sur l’exploitation de la crédulité populaire, notamment en période de grande passion sportive, et sur la responsabilité des plateformes numériques dans la propagation de ce type de discours.
Pour de nombreux supporters maliens, la désillusion est double : sportive d’abord, financière ensuite.































