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Journée Internationale des droits de la femme 2025 : 30 ans après Beijin, quelle place de la femme ivoirienne

30 ans déjà !  En 1995, nous avions préparé et participé (pour le compte de la Côte d’Ivoire) avec Madame Hortense Gnanezan, alors ministre de la Femme et de la Famille, à l’élaboration des Objectifs de Développement Durables (ODDs) à Beijing (Chine). Faut-il le rappeler, ce plan, accordait une place importante à la promotion des droits de toutes les femmes qu’elle soit rurale ou citadine, instruite ou non, avec ou sans handicap, jeune ou non… bref, de tous les milieux professionnels, sociaux, culturels. On peut rappeler ici quelque objectifs clés de ce programme d’action : ODD4- Éducation de qualité ; ODD5- Égalité de genre ; ODD8- Travail décent & Croissance économique ; ODD10- Réduction des inégalités ; ODD16- Paix, Justice et Institutions fortes.

Depuis, que de journées dédiées aux droits de la femme ont été célébrées un peu partout dans le monde. La dynamique de cette fête mondiale est le même, année après année. La journée invite chaque pays à faire un bilan de ce qui a été réalisé par rapport à ce qui était prévu à Beijing et à décliner les perspectives de réalisation pour l’horizon 2030.

À 5 ans de l’échéance, des réflexions profondes et décomplexées s’imposent. Et le thème de la célébration de cette année 2025 nous y invite amplement : Pour TOUTES les femmes et les filles : droits, égalité et autonomisation. Quel est le point de mise en œuvre concrète de la Côte d’Ivoire lié aux droits des filles et des femmes à travers les politiques qui découlaient de la vision de Beijing ? Les objectifs ont-ils été atteints ? Si non, quels sont les facteurs qui ont fragilisé les différents programmes d’éducation, de santé, de représentation de femmes dans les hautes instances de décision et de véritable autonomisation ?

Dans tous les cas, remplissons-nous d’espérance motivée, parce que la vie est un long chemin et que les femmes ivoiriennes se réveillent de plus en plus. Elles sont dans tous les secteurs économiques et investissent de plus en plus comme cheffes d’entreprise. De plus, elles peuvent enfin disposer de leur salaire, avoir un compte bancaire en leur nom et à leur seule signature. Elles peuvent être propriétaires terriens, ou agir comme transformatrices des produits agricoles locaux, donnant ainsi des résultats enviables, prémices d’un futur tissu industriel prometteur. Elles participent aux votes et candidatent si elles le souhaitent. Sur le plan politique, le gouvernement actuel compte 6 femmes sur 33 aux postes ministériels, dont 2 Ministres d’État. L’Assemblée Nationale compte 30 femmes sur 256 députés. Nous avons une femme à la tête d’une Institution (Sénat) et 20% de femmes réparties dans toutes les Institutions. 

Cependant, nous sommes loin des 30% de représentation féminine du projet de loi adopté le 16 juillet 2019 par la Commission des Affaires Sociales et Culturelles de l’Assemblée Nationale. Il reste encore du chemin à faire, mais comme le fleuve va à la mer, la volonté de ces milliers de femmes (14,44150 dans la population ivoirienne) mènera les politiques vers ce qui est bon pour elles et mieux pour notre pays.

Au titre de l’ODD 4, sur l’accès à une éducation [TL1] de qualité, quelques exemples signent, bien que lente, la santé de la vision de Beijing, surtout si nous tenons compte des modèles nouveaux de certaines écoles ayant un projet éducatif comme promu par l’Association Famille et Éducation. Ce sont des écoles différenciées qui visent la formation intégrale de ses élèves et renforcent, également, à travers des cours d’orientation familiale, les capacités des parents, principaux responsables de l’éducation de leurs enfants.

Le résultat de cette vision éducative est plus qu’encourageant, les deux écoles (masculine et féminine) cumulent un excellent taux de 95% de réussite aux examens nationaux CEPE, BEPC et Baccalauréat. Plusieurs de ceux-ci ont intégré de grandes écoles à l’international.

En effet, en matière de scolarisation des filles, il faut reconnaître que nonobstant les résultats du modèle des écoles différenciées, notre pays a beaucoup évolué, offrant ainsi une égalité de chance avec les garçons, du primaire au supérieur et une bonne répartition dans toutes les filières, tant littéraires que scientifiques ou techniques.  J’en veux pour preuve :

  • Les brillantes jeunes femmes chercheuses dans divers domaines, formées à l’INPHB grâce à l’Association LAFMAAL. Impactantes et authentiques influenceuses, elles font montre d’un véritable leadership qui a entraîné une nette progression du nombre de jeunes femmes universitaires – chercheurs d’année en année.
  • Le renforcement des capacités en leadership, entre autres, des femmes fonctionnaires à tous les niveaux, qu’offre chaque année l’Ambassade des Etats-Unis, en collaboration avec le Ministère en charge de la Fonction Publique.
  • Le pourcentage féminin en évolution du corps enseignant universitaire. Une femme est même Présidente de la mutuelle de cet univers masculin.
  • Sur une cohorte de 1800 hauts cadres exécutifs ou opérationnels ayant participé aux différents programmes transformationnels de MDE Business School, 25% sont des femmes qui tiennent aujourd’hui des postes de décisions tant dans le privé que dans l’administration publique.

En conclusion, disons que les femmes sont de plus en plus présentes dans tous les domaines d’activités en Côte d’Ivoire : en politique, dans les médias, l’éducation, la santé, l’armée, l’économie, l’agriculture, l’industrie, l’artisanat… Elles enrichissent ainsi l’écosystème socio-économique ivoirien de ce qu’elles ont de mieux et qu’elles seules peuvent donner.

En effet, outre leur capacité à exercer leur métier à compétence égale avec les hommes, leur attention remarquable pour les détails, leur intuition, leur qualité d’écoute active, leur douceur, leur réalisme, leur pragmatisme et leur don de soi découlant de leur cœur maternel sont un atout majeur dans la construction de notre avenir commun. Elles font tout cela, en complétant efficacement les hommes, au service de la communauté et au profit du bien commun.

Selon Saint Josemaria, « les qualités féminines assurent la meilleure garantie en ce qui concerne le respect des valeurs authentiquement humaines et spirituelles à l’heure de prendre des mesures qui affectent, d’une façon ou d’une autre, la vie de famille, le milieu éducatif, l’avenir des jeunes ».

Dr Ekra Eliane 
Consultant- Formateur

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