Derrière la carapace du rappeur dur à cuire, Kaaris cache un cœur tendre et un parcours aussi touchant que surprenant. Dans une interview accordée à Brut Afrique (13 avril 2025), le rappeur originaire de Côte d’Ivoire a levé le voile sur une partie méconnue de sa vie : son arrivée en France à l’âge de 3 ans, ses débuts dans le rap, et son quotidien de père de famille.
J’insultais tout le monde, j’avais 3 ans
Armand Gnakoury, alias Kaaris, est né à Cocody, un quartier d’Abidjan. Après le départ de sa mère pour la France, il est resté au village jusqu’à ce qu’un événement inattendu change son destin :

« Il y a un truc que je n’ai jamais raconté… Un vieux a dit à mon oncle : “Dis à ta sœur de venir chercher le petit, il insulte tout le monde ici.” J’avais 3 ans, je parlais déjà trop. Ma mère a compris qu’il valait mieux me récupérer avant qu’il m’arrive quelque chose », explique-t-il en souriant.
C’est ainsi qu’il rejoint la France, sans imaginer que quelques années plus tard, il deviendrait l’un des visages les plus marquants du rap hexagonal.
Du bitume de Châtelet à l’ascension d’ Or Noir
À la fin des années 1990, Kaaris écume les freestyles dans les rues de Châtelet. C’est là que sa plume se forge, jusqu’à la sortie en 2013 de l’album Or Noir, produit par Therapy, qu’il décrit comme son “binôme de l’époque”.

« Therapy m’a dit un jour : “Toi, t’es le meilleur rappeur que je connaisse.” On savait que l’album allait marcher, mais pas à ce point. Il y a encore des mèmes qui tournent avec des images du Palacio. »
Kaaris, le papa derrière le rappeur
Loin des projecteurs, c’est un autre Kaaris qui prend vie à la maison : un père aimant, investi, ému par la naissance de ses enfants.

« La naissance de ma fille en 2016, c’est un des plus beaux jours de ma vie. Pareil pour mon fils. Quand t’as des enfants, tout change. Tu vis pour eux. »
Fini les punchlines à la maison :
« Je ne rentre pas chez moi en criant “2-7 ! 2-7 !” à ma fille. Je lui fais des biberons, je m’occupe d’elle. »
“L’ancien” toujours dans le game
Aujourd’hui, Kaaris est respecté par toute une nouvelle génération de rappeurs qui n’hésite pas à le surnommer… “l’ancien”. Une étiquette qu’il porte avec humour et fierté :
« Kerchak a été le premier à m’appeler comme ça. Ensuite Koba LaD. Je me suis dit “ah ouais, on en est là ?”. Mais je suis super fier. À leur âge, je faisais des freestyles à Châtelet, eux sont déjà des stars ! »
Et de conclure dans un rire :
« La première fois qu’on t’appelle “Monsieur”, ça fait bizarre. Un jour, ce sera “Grand-père”… C’est comme ça. »































