L’affaire Komé Bakary continue de faire grand bruit en Côte d’Ivoire, mettant en lumière des problématiques profondes liées à la gestion foncière et à la corruption au sein des institutions publiques. L’homme d’affaires, soupçonné d’avoir accaparé un nombre impressionnant d’Attestations de Consistance Définitive (ACD), se retrouve au cœur d’une controverse qui soulève de nombreuses interrogations sur l’impartialité et l’intégrité du ministère en charge des affaires foncières.
De nombreuses voix s’élèvent pour dénoncer des pratiques douteuses qui auraient permis à Komé Bakary de s’approprier des terres qui appartenaient à des citoyens ivoiriens. Des accusations de collusion entre des fonctionnaires de l’administration foncière et l’homme d’affaires ont été portées, renforçant le sentiment d’injustice au sein de la population. Les révélations récentes ont mis en évidence l’absence de véritables contrôles et le manque de rigueur dans l’attribution des ACD, ce qui alimente les soupçons de corruption.
En plus de ces controverses foncières, il est apparu que Komé Bakary aurait obtenu la nationalité ivoirienne avec une facilité déconcertante, soulevant ainsi une autre problématique majeure : celle de l’acquisition frauduleuse de la nationalité. Ce phénomène, déjà dénoncé à plusieurs reprises, a été l’une des causes profondes de la récente crise post-électorale, mettant en lumière les failles du système d’attribution de la citoyenneté en Côte d’Ivoire.
Par ailleurs, la présence de Komé Bakary aux côtés de figures politiques influentes a suscité de vives réactions. Certains y voient un symbole du laxisme de l’État lorsque des personnalités proches du pouvoir sont impliquées dans des affaires controversées. Cette situation alimente la perception d’une justice à deux vitesses, où les privilégiés bénéficieraient d’une certaine impunité tandis que les citoyens ordinaires peinent à faire valoir leurs droits.
Cependant, il est important de rappeler qu’être vu en compagnie d’une personne accusée de pratiques frauduleuses ne signifie pas nécessairement une implication directe dans ses activités. Si la proximité entre Komé Bakary et certaines personnalités politiques interpelle, elle ne saurait être une preuve de complicité. Toutefois, cette situation met en évidence la nécessité d’une plus grande transparence et d’une gouvernance plus rigoureuse dans la gestion du foncier en Côte d’Ivoire.
Bakary Komé est le frère de Cessé Komé, patron du Radisson Blu à Abidjan – Bamako. Cessé Komé est un acteur majeur dans le domaine foncier et de l’habitat à Abidjan, mais il est également impliqué dans plusieurs litiges fonciers avec des particuliers. Selon des sources de Enquête Media, Bakary Komé serait en réalité une figure cachée derrière les activités de son frère Cessé Komé.
Dans un article de Jeune Afrique publié le 6 avril 2016, Cessé Komé racontait son parcours, débutant comme cireur de chaussures à l’âge de 17-18 ans avant de se lancer dans la vente de livres sur les trottoirs d’Abidjan et de parapluies. Son ascension a débuté dans le secteur informel, où il a dû naviguer dans un environnement souvent marqué par la fraude. C’est de cette expérience qu’il a bâti sa fortune.
Face à l’ampleur de cette affaire, des organisations de la société civile et des citoyens demandent l’ouverture d’une enquête approfondie afin de faire toute la lumière sur les conditions d’acquisition des ACD par Komé Bakary et d’établir d’éventuelles responsabilités au sein de l’administration publique. L’enjeu est de taille : il s’agit non seulement de restaurer la confiance des citoyens en l’État, mais aussi d’assurer une gestion plus équitable et transparente des terres en Côte d’Ivoire.
































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