La Côte d’Ivoire est devenue, ces derniers mois, l’un des pays les plus ciblés d’Afrique par les cybercriminels. Deux études récentes de Kaspersky et Interpol alertent sur une recrudescence inquiétante des attaques informatiques dans le pays, reflet d’une tendance continentale alarmante.
7,5 millions de cyberattaques en 2024 : un record préoccupant
Selon les données révélées début juin 2025 par la société Kaspersky, lors d’un événement organisé à Abidjan en partenariat avec le ministère de la Transition numérique, l’alliance Smart Africa et l’Agence africaine de police (Afripol), la Côte d’Ivoire a été la cible de 7,5 millions de tentatives d’attaques informatiques en 2024.
Parmi elles, 60 000 tentatives de vol d’identifiants ont été détectées, visant notamment des services de messagerie, plateformes de paiement et comptes bancaires.
PME, institutions, citoyens : tout le monde est visé
Les petites et moyennes entreprises ivoiriennes, souvent peu ou mal protégées, figurent parmi les principales cibles. Selon une autre étude de Kaspersky :
- 81 % des PME ivoiriennes ne proposent aucune formation en cybersécurité à leurs employés.
- 66 % des dirigeants n’abordent jamais la sécurité informatique en réunion stratégique.
- 24 % des entreprises déclarent être livrées à elles-mêmes en cas d’incident.
Une problématique africaine de grande ampleur
Ce phénomène n’est pas isolé. À travers l’opération Africa Cyber Surge II, menée par Interpol et ses partenaires entre 2023 et 2025, plus de 20 000 cyberinfrastructures suspectes ont été identifiées dans plusieurs pays africains, notamment au Nigeria, au Kenya, en Afrique du Sud, au Maroc… et en Côte d’Ivoire.
L’opération Red Card, coordonnée entre novembre 2024 et février 2025, a permis l’arrestation de plus de 300 suspects impliqués dans des réseaux de fraude en ligne et de phishing.
Face à cette montée des menaces, les autorités ivoiriennes se mobilisent :
- Renforcement des coopérations avec Interpol, Smart Africa et Kaspersky.
- Mise en place progressive d’un cadre réglementaire plus strict en matière de cybersécurité.
« La cybersécurité est désormais une condition de souveraineté numérique et de développement économique », a affirmé un représentant du ministère lors du forum de juin.
La Côte d’Ivoire se retrouve aujourd’hui au cœur d’un combat numérique mondial. Avec l’augmentation des connexions Internet, la digitalisation des services publics et privés, et l’expansion du commerce électronique, le pays attire inévitablement l’attention des cybercriminels.
La riposte doit être collective, durable et éducative : former, protéger, collaborer. C’est à ce prix que l’Afrique pourra transformer sa vulnérabilité numérique en résilience stratégique.































