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Politique

La France et l’Iran : Les liaisons dangereuses de l’histoire

L’histoire des relations entre la France et l’Iran est marquée par des paradoxes frappants et des cycles qui semblent se répéter. De l’accueil de l’Ayatollah Khomeini dans les Yvelines à l’escalade des tensions actuelles, retour sur un rôle méconnu de la diplomatie française dans l’histoire politique iranienne.

Neauphle-le-Château : Le berceau inattendu de la Révolution

En 1978, un guide religieux chiite en exil, Rouhollah Khomeini, débarque à l’aéroport d’Orly avec un simple visa touristique . Il s’installe à Neauphle-le-Château, dans les Yvelines, qui devient rapidement le centre névralgique de l’opposition iranienne en exil.

Sous les pommiers de son jardin, Khomeini offre aux médias occidentaux l’image d’un « vieux sage » austère, critiquant la dictature du Shah et prônant la défense des opprimés . Cette image rassurante séduit de nombreux observateurs européens qui le comparent alors à Gandhi . Pourtant, en coulisses, il enregistre des sermons bien plus radicaux sur cassettes audio, envoyés clandestinement en Iran pour attiser la révolte .

Le tournant de la Guadeloupe (1979)

En janvier 1979, lors de la conférence de la Guadeloupe, les dirigeants occidentaux, dont Valéry Giscard d’Estaing et Jimmy Carter, actent la fin du régime du Shah, affaibli par la maladie et la contestation . Ils décident de soutenir « l’hypothèse Khomeini« , voyant en lui un rempart possible contre l’influence communiste en pleine Guerre Froide . Le 1er février 1979, Khomeini quitte la France à bord d’un avion d’Air France affrété spécialement pour lui et rentre triomphalement à Téhéran. Avant de partir, il remercie la France pour son hospitalité et la liberté d’expression dont il a bénéficié.

De l’allié à l’ennemi : La rupture

L’illusion d’une autorité purement morale s’évapore rapidement. Une fois au pouvoir, Khomeini instaure un régime théocratique et rompt brutalement avec l’Occident.

La tension culmine durant la guerre Iran-Irak (1980-1988). La France choisit de soutenir Bagdad et devient l’un des principaux fournisseurs d’armes de Saddam Hussein . Pour l’Iran, cet acte est vécu comme une trahison. La réponse ne se fait pas attendre :

1983 : L’attentat du Drakkar à Beyrouth tue 58 parachutistes français .
1985-1986 : Une vague d’enlèvements de Français au Liban et une série d’attentats meurtriers à Paris (faisant une vingtaine de morts) frappent le pays . L’objectif de Téhéran est clair : faire pression pour que la France cesse son soutien à l’Irak.

Une leçon d’histoire pour aujourd’hui ?

L’article souligne que les interventions occidentales au Moyen-Orient, motivées par des intérêts stratégiques de court terme, ont souvent déstabilisé la région. Que ce soit sous la dynastie Pahlavi ou sous la République Islamique, les régimes ont souvent été installés ou maintenus avec une forme de complicité occidentale, avant que la situation ne se retourne contre leurs instigateurs .

Aujourd’hui, alors que les bruits de bottes résonnent à nouveau, cette perspective historique nous rappelle l’importance de comprendre les erreurs passées pour ne pas les reproduire

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