Ce jeudi 12 juin 2025, l’ancien président Laurent Gbagbo a pris la parole dans une lettre ouverte aux Ivoiriens. Une sortie attendue… mais qui risque d’en agacer plus d’un. À travers ce message, il annonce officiellement la création d’un nouveau mouvement citoyen baptisé « Trop c’est Trop ! », censé incarner la voix d’un peuple « fatigué » et « inaudible ». Mais au-delà de l’annonce, c’est surtout ce qu’il n’a pas dit qui fait grincer des dents.
Trop c’est Trop : un outil citoyen ou une manœuvre d’isolement stratégique ?
Présenté comme un mouvement transversal, « ouvert et au-delà des clivages », l’initiative de Gbagbo se veut un espace de rassemblement pour dénoncer les dérives du pouvoir. Mais certains y voient surtout un positionnement en solo, alors même que des efforts de coordination de l’opposition se dessinent depuis plusieurs mois.
Ni PDCI, ni Thiam, ni Simone, ni Blé Goudé
Silence radio sur la marche prévue samedi par le PDCI à Abidjan, aucun mot sur Tidjane Thiam, actuellement en France, aucun clin d’œil à son ex-épouse Simone Gbagbo ni au CAP 21 de Blé Goudé. Pour beaucoup, c’est un signal clair : Gbagbo ne veut pas jouer collectif.
Ceux qui espéraient un appel à l’unité de l’opposition ou une coalition anti-pouvoir en ressortent désabusés. Un cadre d’un parti allié, sous anonymat, glisse : « Gbagbo parle d’unité populaire mais tourne le dos à tous ceux qui luttent déjà sur le terrain ».
Après l’échec de l’appel de Bonoua, un nouveau pari risqué
Il faut rappeler que la dernière tentative de mobilisation menée par le camp Gbagbo l’appel de Bonoua n’avait pas eu l’effet escompté. Le lancement de « Trop c’est Trop » pourrait donc apparaître comme une relance… ou une fuite en avant, dans un contexte où l’opposition peine à se fédérer.
Un coup de com’ ou une réelle dynamique populaire ?
La question reste entière. Ce mouvement citoyen aura-t-il un écho dans la société ivoirienne au-delà des sympathisants du PPA-CI ? Ou s’agit-il d’un coup politique pour repositionner Gbagbo seul au centre du jeu, quitte à diviser davantage un camp déjà affaibli par les ambitions personnelles et les rancunes passées ?
La balle est désormais dans le camp des autres opposants. Resteront-ils silencieux… ou répondront-ils au « trop c’est trop » par un « assez c’est assez » ?































