Dans une déclaration longue et détaillée, l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo est revenu sur les évènements qui ont marqué la Côte d’Ivoire entre 2002 et 2011. Du déclenchement de la rébellion à son arrestation et son transfert à la Cour pénale internationale (CPI), il retrace son parcours et interpelle une nouvelle fois sur les zones d’ombre qui, selon lui, n’ont jamais été élucidées.




Retour sur la partition du pays
Laurent Gbagbo explique avoir dû écourter un séjour en Italie lorsque les rebelles ont pris Bouaké en 2002, entraînant une division du territoire. Le pays s’est alors retrouvé scindé entre une zone contrôlée par le gouvernement légal et un nord sous domination des forces rebelles.
Il cite plusieurs figures de la rébellion, tout en mentionnant en parallèle les mouvements patriotiques qui se sont organisés contre celle-ci.
La diplomatie et les premiers accords
Face à la crise, plusieurs médiations ont été lancées à travers la CEDEAO, menant notamment aux conférences de Marcoussis, Kléber et Pretoria. En 2007, l’Accord de Ouagadougou, signé avec le chef rebelle Guillaume Soro, marque un tournant. L’une des priorités de Gbagbo est alors le désarmement, condition indispensable, selon lui, pour aller à des élections apaisées.
L’élection de 2010 : le début d’un conflit ouvert
L’ancien président revient ensuite sur l’élection présidentielle de 2010, rappelant être arrivé en tête au premier tour. Mais au second tour, les deux camps se proclament vainqueurs : lui par le Conseil constitutionnel, Alassane Ouattara par la Commission électorale indépendante soutenue par l’ONU et la France.
Cette situation cristallise les tensions et dégénère en violences. Gbagbo évoque le bombardement de la résidence présidentielle par les forces françaises et onusiennes, avant son arrestation le 11 avril 2011.
De Korhogo à La Haye
Après plusieurs mois de détention en Côte d’Ivoire, il est transféré à la CPI où il restera jusqu’à son acquittement définitif le 31 mars 2021. Il rappelle également que Charles Blé Goudé, coaccusé, a lui aussi été acquitté.
Gbagbo raconte les restrictions de liberté qu’il subissait à Bruxelles pendant que la CPI vérifiait régulièrement sa présence.
Un appel à la vérité et à la justice
Dans cette déclaration, Laurent Gbagbo estime avoir été injustement désigné comme responsable de la crise post-électorale. Il pose plusieurs questions qui, selon lui, demeurent toujours sans réponse :
Qui a conçu et financé la rébellion ? Qui a organisé le génocide Wê ? Pourquoi l’ONU et l’Occident ont-ils poussé à la tenue de l’élection de 2010 alors que le désarmement n’était pas achevé ?
À ses yeux, tant que toutes les responsabilités n’auront pas été établies, la justice ne sera pas complète.
« J’ai fait ma part »
L’ancien chef d’État appelle à la vérité, à la justice pour les victimes et les survivants, et au devoir de mémoire.
Pour lui, la paix durable en Côte d’Ivoire passe par une clarification totale des faits.
Il termine en affirmant qu’il a fait sa part, espérant que « les autres feront la leur ».































