Au lendemain de l’élection présidentielle de 2025, le Député Tiemoko Antoine Assalé a publié une tribune , intitulée « Côte d’Ivoire : la fracture sociale comme héritage… », dénonçant l’échec de la réconciliation et l’approfondissement de la division nationale.

Un cycle d’exclusion et de division
Selon le Député, l’élection de ce samedi 25 octobre, marquée par des images contrastées de « rues désertes » et de « villes figées » dans la capitale économique, n’a fait que répéter le « spectacle » des scrutins de 1995, 2000 et 2010.
L’élu pointe du doigt une « dérive exclusionniste » historique qui a camouflé les tensions. L’euphorie du pouvoir post-2010 aurait conduit à un oubli de l’essentiel : la réconciliation. Le régime RHDP aurait privilégié la « construction de routes, de ponts, d’infrastructures » au détriment de l’édification de « ponts entre les hommes » pour reconstruire la confiance.
Le constat est sévère : derrière le bilan économique, « se cache une fracture sociale abyssale, enfant de 30 ans de méfiance ».
Deux Côte d’Ivoire antagonistes
La manipulation des règles électorales aurait façonné « deux Côte d’Ivoire » antagonistes :
La Côte d’Ivoire des vaincus : celle « des frustrations, des humiliés, des exclus dont l’espoir vacille ».
La Côte d’Ivoire des vainqueurs : celle du « rouleau compresseur, de la puissance appuyée sur les ressources de l’État, du clan qui cultive le désir d’éternité ».
Le signe avant-coureur d’une « déflagration imminente »
Le Député Assalé dénonce les propos tenus publiquement par des officiels affirmant que le vote n’aurait « aucune influence sur le résultat final » et que le président élu n’aurait de considération que pour les régions lui ayant accordé leur victoire. Ces paroles, bien que suscitant le rire, révèlent une « sombre et inquiétante vérité » et signent un éloignement de plus en plus marqué de la République.
Plus alarmant encore, le Député s’inquiète de l’émergence de « vocables animaliers » pour désigner les deux camps (« moutons » vs. « chiens »), y voyant le « prélude, le signe avant-coureur d’une déflagration imminente ».
Mission pour la nouvelle génération
Pour Assalé, le décès du Président Bédié et la future retraite politique de l’ex-Président Gbagbo marquent la fin d’un cycle. Le maintien au pouvoir du Président Ouattara scellera cette transition.
Face à cet « héritage explosif », l’élu appelle la nouvelle génération d’acteurs politiques à prendre ses responsabilités. La mission est « claire et impérative » : « Ressouder ce qui a été brisé, réapprendre à vivre ensemble, rassurer chaque Ivoirien que l’exclusion du passé ne doit plus jamais refaire surface. »
Le Député conclut sur un appel solennel : « Le temps de construire des ponts entre les Ivoiriens est venu. C’est là, notre mission à nous… nouvelles générations d’acteurs politiques. »































