Le Président libyen Mouammar Kadhafi, figure alors omniprésente et souvent controversée de la scène panafricaine, a effectué une visite de deux jours à Abidjan, marquant un moment fort des relations ivoiro-libyennes sous l’ère Laurent Gbagbo.
Arrivé à l’aéroport Félix Houphouët-Boigny, le « Guide de la Révolution » libyenne a été accueilli avec les honneurs d’un chef d’État par le Président Laurent Gbagbo, le Premier ministre Guillaume Soro, ainsi que par une pléiade de membres du Gouvernement et des présidents des institutions de la République.

Le Contexte : Le Grand Frère Pan-Africain
Cette visite s’inscrivait dans le cadre des ambitions panafricanistes de Mouammar Kadhafi, qui, à l’époque, exerçait une influence considérable au sein de l’Union africaine (UA) une institution qu’il présidera d’ailleurs en 2009.
Pour Laurent Gbagbo, recevoir Kadhafi était un geste diplomatique fort. Non seulement cela renforçait l’axe diplomatique sud-sud face aux puissances occidentales, mais cela permettait également à la Côte d’Ivoire de s’aligner sur un acteur africain majeur, réputé pour son soutien financier aux États africains. Les discussions entre les deux hommes ont sans doute porté sur des thèmes chers à Kadhafi : l’accélération de l’intégration africaine et la création des États-Unis d’Afrique.

Une Rencontre Politique et Symbolique
L’accueil protocolaire, soulignant l’importance accordée à cette visite, mettait en lumière l’entente politique entre les deux dirigeants, unis par un certain nationalisme et une défiance vis-à-vis des ingérences extérieures. La Libye de Kadhafi était alors un partenaire économique potentiel pour la Côte d’Ivoire, notamment dans les secteurs des hydrocarbures ou des investissements.
Cette visite restera comme l’un des temps forts diplomatiques du mandat de Laurent Gbagbo, illustrant les amitiés politiques complexes et souvent imprévisibles qui caractérisaient la scène africaine au début des années 2000, avant la chute de Mouammar Kadhafi en 2011.































