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Santé

LE Mentholatum : Pourquoi nos femmes ont décidé que ce petit pot etait le remède passe-partout ?

Oubliez les laboratoires de pointe et les diplômes de médecine. En Côte d’Ivoire comme partout en afrique, le véritable ministère de la Santé se cache dans le sac à main de votre mère, de votre tante ou de votre femme. Son arme fatale ? Un petit pot de Mentholatum (ou « Mentha-tôle » pour les intimes). Pour la femme ivoirienne, cette pommade n’est pas un médicament, c’est une religion.

La Grande Prêtresse du Camphre

Regardez bien une maman ivoirienne en action. Elle ne soigne pas, elle « administre » le Mentholatum avec une autorité qui ferait trembler un chirurgien. Peu importe ce que vous avez paludisme, chagrin d’amour, ou une simple égratignure la sentence tombe : « Viens ici, je vais te mettre un peu de pommade. »

Ce n’est jamais une petite noisette. C’est un tartinage vigoureux, limite agressif, qui vous laisse la peau en feu et les yeux larmoyants. Si vous ne pleurez pas, c’est que le traitement n’a pas fonctionné.

Le « Génie » Féminin : Quand la pommade devient un ingrédient de cuisine (ou presque)

L’abus est devenu un art. Nos femmes ont découvert des usages que même le fabricant n’avait pas prévus :

Certaines mamans n’hésitent pas à en mettre une pointe sur la langue pour « tuer les microbes de la gorge« . On frôle l’embaumement prématuré, mais elles vous diront : « Ça sort le froid du corps ! »

On l’applique sur les boutons, sur les tempes pour « réfléchir mieux« , et parfois même sous les narines pour ne pas sentir les mauvaises odeurs du marché. Pour beaucoup de nos tantes, l’odeur du menthol est devenue un signe de propreté et de rigueur. Si tu ne sens pas le « frais » (comprenez : le baume qui pique), c’est que tu négliges ta santé.

Le Revers du Pot : Quand la foi aveugle brûle la peau

C’est là que l’ironie rencontre le danger. À force de croire que ce pot soigne tout, nos femmes tombent dans des travers redoutables :

À force d’en mettre sur le front, les vapeurs finissent par irriter la cornée. On finit par voir des femmes pleurer dans le bus comme si elles venaient de perdre un héritage, alors qu’elles ont juste voulu soigner une petite migraine.

On soigne une douleur à la poitrine avec du menthol alors que c’est peut-être un souci cardiaque. Mais bon, « le Mentholatum va chauffer ça, et ça va passer », n’est-ce pas ?

Rappelons que le camphre peut être dangereux, surtout pour les tout-petits que nos mamans badigeonnent sans retenue dès le premier éternuement.

Le Mentholatum est devenu l’extension du bras armé de la femme africaine. C’est son super-pouvoir. Elle vous soignera, de gré ou de force, jusqu’à ce que vos sinus déclarent forfait.

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