Né un 8 mars, rappelé à Dieu un 10 mars. Entre ces deux dates, une vie entière dédiée à la proximité, au partage et à l’amour de son pays. Des années après son départ, le souvenir d’Hambak reste gravé dans le béton d’Abidjan et dans le cœur de chaque Ivoirien.
Il y a des hommes qui occupent des fonctions, et il y a des hommes qui incarnent des espoirs. Hamed Bakayoko était de cette seconde race. Celui qu’on appelait le « Ministre d’État, Ministre de la Proximité » n’avait pas besoin de protocole pour se faire aimer. Il était le pont entre le sommet de l’État et le « bas-fond ».
La Proximité : Ce n’était pas un slogan, c’était sa vie
Hamed, c’était l’homme qui pouvait quitter un sommet international en costume trois-pièces et se retrouver, deux heures plus tard, assis sur un tabouret en bois dans un « Garba-drome » à Adjamé ou Treichville.
À Abobo : On l’a vu à plusieurs reprises descendre de son cortège, sans gardes du corps oppressants, pour saluer une maman qui vendait des oranges ou pour encourager des jeunes qui jouaient au « maracana » sur un terrain poussiéreux. Il ne se contentait pas de passer, il s’asseyait et il écoutait.

Le parrain des « sans-voix » : Qui ne se souvient pas de ses interventions directes pour régler les factures d’hôpital de parfaits inconnus qui l’interpellaient sur les réseaux sociaux ou dans la rue ? Pour Hambak, un message de détresse sur Facebook valait autant qu’une note de service.

Le « Vieux » des artistes : Sa proximité avec le monde de la culture n’était pas pour la forme. Il était celui qui ouvrait sa porte à 2h du matin pour réconcilier deux artistes en conflit ou pour soutenir financièrement une vieille gloire de la musique ivoirienne tombée dans l’oubli.

L’homme qui « ambiançait » la politique
Qui d’autre que lui pouvait passer d’un Conseil des Ministres restreint à la scène d’un concert de DJ Arafat pour esquisser quelques pas de décalé-coupé ? Hamed, c’était le style, le charisme, mais surtout la main tendue.
- Pour les jeunes : Il était le « Grand Frère ». Il parlait leur langage, comprenait leurs codes et leur donnait de l’espoir : « Si le petit Hamed de l’habitat d’Adjamé est devenu Premier Ministre, vous aussi vous pouvez le faire. »
Le 10 Mars : Le silence d’un grand tambour
Le 10 mars 2021, la Côte d’Ivoire a retenu son souffle. Le « Grand Meambly » s’est éteint, laissant un vide immense. Mais chez nous, on dit que « le mort n’est pas mort tant qu’on prononce son nom ». Et le nom d’Hambak résonne encore à chaque coin de rue d’Abidjan, là où il a essuyé des larmes ou partagé un rire.

Un héritage de générosité
Aujourd’hui, si on l’aime tant, ce n’est pas seulement pour les routes ou les décrets. C’est pour cette capacité à humaniser le pouvoir. Il a montré que la politique, ce n’est pas seulement diriger, c’est aimer son peuple.
Hamed Bakayoko n’était pas qu’un homme d’État. C’était une émotion ivoirienne. Un mélange de chic, de choc et surtout, de cœur.
Repose en paix, l’Étoile d’État. Le pays est là, on n’oublie pas tes pas de danse, ni tes paroles d’espoir !
































Pingback: 10 mars 2021 – 10 mars 2026 : Hamed Bakayoko, cinq ans déjà - Zappingmedias.com