Le PPA-CI (Parti des Peuples Africains – Côte d’Ivoire) dénonce ce qu’il considère comme une « alliance entre la Commission Électorale Indépendante (CEI) et le RHDP » visant à exclure Laurent Gbagbo de la liste électorale pour les élections de 2025. Le parti d’opposition met en cause la CEI pour ce qu’il qualifie de manœuvre concertée visant à empêcher l’ancien président ivoirien de participer au scrutin.
Exclusion de Laurent Gbagbo : un choix illégal selon le PPA-CI
Lors de sa récente conférence de presse, Justin Koné Katinan, porte-parole du PPA-CI, a vivement critiqué la décision de la CEI d’exclure Laurent Gbagbo de la liste électorale provisoire (LEP), malgré son enrôlement en 2022. Le PPA-CI considère cette exclusion comme une violation des droits de son candidat et une « double illégalité », soulignant que cette décision enfreint les procédures établies par le Code électoral ivoirien.
« Le nationalisme électoral actuel est d’une violence inouïe. La CEI, sous contrôle du RHDP, est en train de préparer un hold-up électoral », a affirmé Katinan, rappelant les précédentes violences post-électorales en Côte d’Ivoire.
Le PPA-CI considère que l’absence de Gbagbo de la liste électorale constitue une violation des articles 5, 9 et 12 du Code électoral. Selon ces articles, l’inscription sur la liste électorale est un droit fondamental et ne peut être refusée, sauf dans des cas exceptionnels tels que la fausse domiciliation ou le non-paiement des impôts, ce qui n’est pas le cas pour Laurent Gbagbo.
Une décision politique et non juridique ?
Pour le PPA-CI, la décision de la CEI n’est pas une erreur technique, mais une manœuvre politique délibérée. Justin Koné Katinan a notamment fustigé le « militantisme décomplexé » de la Commission, qu’il accuse d’être inféodée au RHDP. Il a également souligné l’irrespect flagrant de la CEI vis-à-vis des décisions internationales, citant en particulier le refus d’appliquer la décision de la Cour Africaine des Droits de l’Homme (CADHP), qui avait ordonné l’inscription de Laurent Gbagbo.
Le parti rappelle que, selon les principes de la démocratie, la « démocratie ne se construit pas par l’exclusion » et que la candidature de Gbagbo est une question de principe non négociable pour l’avenir politique du pays.
Vers une nouvelle crise électorale ?
Ce bras de fer autour de l’exclusion de Gbagbo risque d’alimenter une nouvelle crise de légitimité des institutions ivoiriennes, à l’aube de l’élection présidentielle. Le PPA-CI appelle à une large coalition politique et sociale (partis politiques, société civile, religieux) pour exiger la dissolution de la CEI et son remplacement par une structure « neutre et crédible ».
Le PPA-CI poursuit sa bataille sur le terrain juridique et politique, avec l’objectif de garantir la justice et la transparence du processus électoral, tout en dénonçant la situation de « biais institutionnels » qui pourrait compromettre l’équilibre national.
Une question de légitimité
Les accusations de manipulation et les craintes de violences post-électorales planent sur la Côte d’Ivoire. Le clivage politique qui divise les partisans de Gbagbo et du pouvoir actuel, dirigé par Alassane Ouattara, semble plus profond que jamais. Le PPA-CI, avec cette lutte pour l’inclusion de Gbagbo, insiste sur la nécessité de bâtir un système électoral équitable et transparent, loin des influences partisanes.































