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Politique

l’Afrique de l’Ouest enterre t-il le multipartisme au profit de la « Souveraineté Totale » ?

C’est un tournant historique qu’aucun expert n’avait vu venir avec une telle force.
En moins d’un an, les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) et la Guinée ont pris des décisions radicales qui effacent des décennies de pratiques politiques héritées des indépendances. Dissolution des partis, mandats de longue durée : bienvenue dans l’ère de la « Refondation« .

Burkina Faso : Le pays sans partis politiques

C’est sans doute la mesure la plus « choc » de ce début d’année. Le 9 février 2026, le Parlement de transition a adopté à l’unanimité la dissolution de tous les partis politiques.

Le capitaine Ibrahim Traoré estime que le système partisan a échoué et divisé les Burkinabè. Désormais, il n’existe plus de cadre juridique pour les formations politiques au pays des Hommes intègres. La politique se fait désormais sous l’unique bannière de la « Refondation nationale« .

Mali : Assimi Goïta et la « Souveraineté Irréversible »

À Bamako, l’année 2026 a été placée par le Général Assimi Goïta sous le sceau de la souveraineté irréversible. Les autorités ont consolidé un calendrier qui éloigne toute idée d’élections à court terme, privilégiant la reconstruction de l’État et la sécurité. Comme chez ses voisins, les activités des partis sont réduites à néant ou strictement encadrées, laissant le champ libre à une gouvernance militaire qui se projette sur le temps long.

Niger : Le Général Tiani s’installe pour 5 ans

Au Niger, le changement est acté. Suite aux Assises nationales, le Général Abdourahamane Tiani a prêté serment comme Président de la République pour une transition de cinq ans. Une refondation totale du système nigérien, loin des schémas occidentaux, avec un pouvoir centralisé destiné à « nettoyer » la scène politique avant tout retour éventuel au civil.

Guinée : Le coup de balai de Doumbouya

Même son de cloche à Conakry en ce mois de mars 2026. Le Général Mamadi Doumbouya a récemment fait face aux critiques après la dissolution de plusieurs partis politiques influents. Les leaders d’opposition, comme Cellou Dalein Diallo, dénoncent la volonté de créer un « Parti-État » et d’instaurer une pensée unique. Nettoyer le paysage politique des forces jugées nuisibles au programme « Simandou 2040« , le projet économique phare du régime.

Pourquoi c’est un séisme pour l’Afrique ?

Ces décisions ne sont pas de simples suspensions temporaires. C’est la fin du modèle de démocratie libérale (plusieurs partis, élections régulières) tel qu’on le connaît depuis les années 1990. Ces dirigeants proposent un nouveau contrat social : la sécurité et la souveraineté économique d’abord, les libertés politiques plus tard (ou pas du tout).

Le chiffre à retenir : En mars 2026, l’espace AES représente un bloc de 72 millions d’habitants où les élections et les partis politiques sont officiellement mis entre parenthèses.

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