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Les Agni-Bona : L’une des Branches Royales de l’Est Ivoirien

Si nous nous tournons vers l’Est de la Côte d’Ivoire, dans cette zone dominée par les puissants royaumes Agni (Indénié, Sanwi) et le groupe Abron, il existe un peuple encore plus minoritaire et souvent oublié des manuels d’histoire classique : les Bona

Situés principalement dans la sous-préfecture de Koun-Fao (région du Gontougo), les Bona sont un petit groupe ethnique souvent assimilé aux Agni ou aux Abron par commodité géographique, mais ils revendiquent une identité propre.

Un Peuple de « Transition »

Ce qui rend les Bona méconnus, c’est leur position charnière. Historiquement, ils ont servi de « zone tampon » ou de lien entre le grand royaume Abron de Bondoukou et les royaumes Agni du Sud. Cette position les a forcés à une grande discrétion politique pour préserver leur autonomie face à ces voisins puissants.

L’identité Agni : Une galaxie de sous-groupes

Pour comprendre les Bona, il faut comprendre qu’être Agni, c’est appartenir à une mosaïque de sous-groupes (ou « branches ») qui partagent une souche commune Akan, mais qui possèdent chacun leur propre territoire et leurs spécificités.

Parmi ces sous-groupes majeurs, on retrouve :

Les Agni-Indénié (Abengourou)

Les Agni-Sanwi (Aboisso)

Les Agni-Moronou (Bongouanou)

Les Agni-Djuablin (Agnibilékrou)

Les Agni-Bini et les Agni-Bona (Koun-Fao) pour ne citez que ceux-là

Qui sont réellement les Agni-Bona ?

Situés principalement dans le département de Koun-Fao, les Agni-Bona sont les gardiens d’une tradition royale qui ne souffre aucune approximation. Contrairement aux idées reçues, ils ne sont pas « méconnus » par manque d’importance, mais parce qu’ils cultivent une noblesse discrète.

Le « Bona-fouè » (pays Bona) est une terre de culture et de respect. Ils parlent une variante de l’Agni qui leur est propre, riche en proverbes et en sagesse ancestrale. Les Bona sont connus pour leur engagement dans l’éducation et l’administration de la Côte d’Ivoire. Ils ne se définissent pas comme une « minorité », mais comme une force vive de l’Est.

« Pas une ethnie, mais une identité »

L’erreur souvent commise est de vouloir les détacher de la famille Agni. Or, un Bona est Agni avant tout. C’est cette appartenance au grand ensemble Akan qui leur donne cette prestance et ce code d’honneur si particulier. Leur histoire est celle d’une migration réussie et d’une installation durable dans la région du Gontougo, où ils cohabitent en harmonie avec leurs frères Bini et Abron.

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