L’univers des transports urbains à Abidjan est en émoi. Le directeur général de la Mutuelle d’Assurance des Taxis-Compteurs d’Abidjan (MATCA), Élie Guedou Ousmane, a été interpellé ce mercredi 16 avril 2025, en même temps que son directeur administratif et financier, dans le cadre d’une enquête portant sur de présumés détournements de fonds.
L’opération, menée par les autorités au siège de la mutuelle, a donné lieu à des tensions visibles entre forces de l’ordre et employés présents sur les lieux. L’arrestation, jugée brutale par certains témoins, marque un tournant dans un dossier que plusieurs sociétaires dénoncent depuis des mois.
Une gestion pointée du doigt
Depuis un moment déjà, des membres de la mutuelle s’inquiétaient d’irrégularités dans la gestion financière de l’organisation. Des audits internes avaient relevé des anomalies importantes dans la comptabilité, sans qu’aucune suite judiciaire ne soit donnée jusqu’ici. Il a fallu les plaintes de plusieurs sociétaires pour que l’affaire remonte aux instances compétentes.
Selon les premières informations recueillies, les enquêteurs s’intéressent à des flux financiers suspects impliquant des structures intermédiaires qui auraient permis de détourner des cotisations destinées aux assurances des chauffeurs de taxi.
Une réaction attendue depuis longtemps
Pour Soumahoro Mamadou, président de la Maison des Transporteurs de Côte d’Ivoire (MTCI), cette interpellation est le résultat d’un long combat : « Depuis des mois, nous demandons des comptes. Cette arrestation était inévitable face au niveau de dérives constatées. »
Le conseil d’administration de la MATCA, considéré comme défaillant dans son rôle de contrôle, a été dissous dans la foulée, selon un communiqué publié par les autorités. Une décision saluée par une large partie des sociétaires, rassemblés spontanément devant le siège de la mutuelle pour exprimer leur colère… mais aussi leur espoir.
Un climat de trahison
Pour beaucoup de chauffeurs, cette affaire sonne comme une trahison. La MATCA, censée être un filet de sécurité en cas de sinistre ou d’accident, aurait été le théâtre de manœuvres douteuses aux dépens de ceux qu’elle est censée protéger.
Diaby Drissa, figure bien connue du secteur, n’a pas mâché ses mots : « Ce n’est que le début. Nous exigeons justice, transparence et restitution. Les responsables doivent répondre devant la loi. »
L’enquête est désormais entre les mains du Pôle pénal économique et financier, et les regards sont tournés vers la justice pour déterminer l’étendue réelle des malversations et les responsabilités engagées. Pour les milliers de chauffeurs concernés, c’est une page noire qui s’ouvre… mais peut-être aussi, enfin, le début d’un assainissement attendu depuis longtemps.
































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