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Nady Bamba brise le silence : « J’ai payé les avocats de Laurent Gbagbo à la CPI grâce à mon travail »

Longtemps restée dans l’ombre, Nady Bamba, compagne de l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo, s’exprime avec une franchise rare. À l’occasion de la sortie de son livre Se lever, se relever, s’élever, elle revient sur les épreuves de l’exil, le financement de la défense de son époux et sa vision de la femme puissante dans un interview exclusive accordée à BRUT AFRIQUE

La « figure maternelle » du combat politique

Interrogée sur son rôle au sein du mouvement pro-Gbagbo, Nady Bamba se définit comme une « figure maternelle » pour les « enfants politiques » du président. Elle évoque notamment le cas de jeunes militants emprisonnés, comme Zigi, dénonçant des arrestations qu’elle juge « profondément injustes » et contraires à la liberté d’expression. Pour elle, la Côte d’Ivoire actuelle n’est pas encore un « État juste », déplorant que l’on puisse enfermer des citoyens pour de simples opinions émises sur les réseaux sociaux.

L’indépendance financière

L’un des points les plus marquants de son témoignage concerne l’importance de l’autonomie financière pour les femmes. Nady Bamba révèle avoir personnellement financé la défense de Laurent Gbagbo lors de son incarcération à La Haye :

« Quand le président Laurent Gbagbo a été arrêté et transféré à la CPI, ses comptes étaient gelés. Si je n’avais pas travaillé, je n’aurais pas pu payer ses avocats avant qu’il ne soit déclaré indigent. »

Elle explique avoir également subvenu aux besoins quotidiens de l’ancien président, notamment pour améliorer sa nourriture en prison et payer ses frais de téléphone. Un message fort envoyé aux femmes ivoiriennes : le travail est la seule garantie de liberté lorsque les « bras longs » (réseaux d’influence) finissent par tomber.

Face aux critiques et à la « courtisanerie »

Très critiquée sur les réseaux sociaux lors du retour de Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire, Nady Bamba affirme appliquer la méthode de son époux : ne pas lire la presse hostile pour ne pas souffrir. « Si je n’entends pas, ça ne me fait pas mal », confie-t-elle avec sérénité. Elle dénonce par ailleurs la culture de la « courtisanerie » en Côte d’Ivoire, où beaucoup pensent qu’il faut être le « bon petit » d’une personne influente pour réussir. Son conseil est radical : misez sur la compétence technique plutôt que sur le réseau, car un bon expert sera toujours sollicité, même par ses adversaires politiques.

Une foi inébranlable

Inspirée par les figures historiques et religieuses comme Esther ou Aïcha, qu’elle admire pour leur courage face à la calomnie, Nady Bamba conclut son ouvrage par un appel à l’action. Pour elle, la liberté réside dans deux piliers : une formation solide et l’indépendance financière.

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