Le lynchage médiatique du BURIDA est-il devenu un sport national pour masquer une irresponsabilité collective ? Dans une interview exclusive, Boklay, membre du Conseil de Gestion et de Restructuration (COGER), brise l’omerta. De l’assurance des députés aux 80% de prise en charge, il assène ses vérités sur un système social que les artistes boudent au péril de leur vie.
Le Mythe de l’Abandon Institutionnel pulvérisé
À chaque fois qu’une icône de la culture s’éteint dans la détresse, le même procès est instruit contre le BURIDA. Pourtant, pour Boklay, le coupable n’est pas là où l’on pense. Le partenaire actuel, SCA-INTER A, n’est pas un assureur de seconde zone : c’est celui qui gère la santé des députés de la Nation.
« L’opportunité est là, mais nombreux sont ceux qui n’y souscrivent pas », fustige-t-il. Le diagnostic de Boklay est sans appel : si moins de 7% des 10 000 artistes sont couverts, c’est par « inconscience ». Un mot fort, assumé, pour désigner ceux qui préfèrent le risque à la sécurité.
La vérité des chiffres : 800 000 F CFA offerts sur un million
Contre les mauvaises langues affirmant que l’assurance ne sert à rien, Boklay sort la calculette. Le contrat est limpide : 80% de prise en charge. Sur une facture médicale de 1 000 000 F CFA, l’assureur paie 800 000 F CFA. L’artiste n’a qu’à débourser 200 000 F CFA , plus qu’une simple protection individuelle, c’est un bouclier familial qui couvre également la compagne et quatre enfants. « C’est vraiment égoïste », lâche Boklay en pensant à ceux qui refusent de protéger leur progéniture sous prétexte que la prime serait « chère ».
Le BURIDA n’est pas un hôpital, mais une maison de droits
Boklay rappelle une règle d’or : le rôle premier du BURIDA est de collecter et reverser des droits. Le département social, bien qu’existant, n’a pas vocation à remplacer une assurance maladie. Le COGER a décidé de prioriser les aides additionnelles pour les souscripteurs. Pour les non-assurés, l’aide sera discutée, mais elle ne sera plus un dû. « Le BURIDA aide beaucoup, mais les artistes ne le disent pas lorsqu’ils sont sortis d’affaires », déplore-t-il, dénonçant une certaine ingratitude post-guérison.
Vieillesse et Retraite : Des solutions ignorées
Aux critiques sur les limites d’âge, l’artiste répond par la réalité des dispositifs existants. Entre la rente viagère mensuelle octroyée par le Ministère de la Culture (sous l’impulsion de Mme Françoise Remarck) et la convention de retraite avec la CNPS, les filets de sécurité existent pour les « vieux soldats » de la culture. Le problème ? Un manque de proactivité des créateurs qui ne se rapprochent pas de leur ministère de tutelle.
Un appel à la révolution des mentalités
Boklay rejette le traitement de faveur pour les « icônes ». Au BURIDA, chaque créateur est avant tout un matricule (le sien est le 1952) soumis aux mêmes devoirs de prévoyance.
« Si payer 150 000 F CFA en une fois est difficile, pourquoi les syndicats ne proposent-ils pas des paiements mensuels ou trimestriels ? Ils n’y pensent même pas, ils disent juste que c’est cher. »
l’État a fait sa part avec des subventions records (204 000 F CFA par membre). La survie de l’artiste ne peut plus reposer sur la charité publique, mais sur une signature au bas d’un contrat d’assurance. La dignité est à ce prix.


































