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Politique

Passeport de l’AES : la France reconnaît officiellement le document, un pas vers la libre circulation

C’est une avancée majeure pour les ressortissants du Mali, du Burkina Faso et du Niger. Le passeport commun de l’Alliance des États du Sahel (AES), jusque-là source d’incertitudes et de blocages, a désormais reçu la reconnaissance officielle des autorités françaises. Une validation diplomatique qui vient mettre fin aux difficultés rencontrées ces dernières semaines par plusieurs citoyens de l’AES, notamment dans leurs démarches auprès de certaines ambassades européennes.

Un lancement marqué par des blocages administratif

Dès les premières délivrances du passeport AES, plusieurs Maliens ont signalé des obstacles à l’obtention de visas, notamment au sein de l’espace Schengen. En cause : l’absence d’une reconnaissance formelle du document, qui a alimenté le doute quant à sa validité. Les autorités maliennes ont rapidement réagi. Le 29 mars, le colonel Mamadou Sougouna, conseiller technique au ministère de la Sécurité, admettait des « débuts difficiles » dans certaines chancelleries, tout en assurant que les formalités requises avaient été menées à bien.

Une note technique explicative ainsi qu’un exemplaire physique du nouveau passeport ont été transmis aux chancelleries étrangères, notamment en France. Un travail diplomatique en coulisses qui a fini par porter ses fruits : Paris a validé officiellement le document, une décision accueillie avec soulagement par les autorités et les citoyens des trois pays concernés.

Un symbole fort de souveraineté pour l’AES

Au-delà de sa dimension administrative, le passeport commun de l’AES incarne une volonté politique claire : celle de marquer une nouvelle ère d’intégration régionale, loin des structures héritées de la CEDEAO, dont les trois États se sont récemment retirés. Pour le général Assimi Goïta, président de la Confédération des États du Sahel, ce document est une brique essentielle dans la construction d’un nouvel espace de libre circulation. « Toutes les dispositions utiles ont été prises pour garantir la mobilité des personnes et des biens », a-t-il déclaré.

Du côté du monde économique, le signal est bien perçu. La Chambre de commerce et d’industrie du Mali reconnaît quelques lenteurs administratives au démarrage, mais souligne qu’aucune autre difficulté technique n’a été relevée sur le document biométrique.

Une reconnaissance qui ouvre des perspectives

La validation du passeport AES par la France pourrait faire boule de neige. En tant que membre influent de l’espace Schengen, Paris envoie un message fort : le document est désormais considéré comme conforme aux normes internationales. Cette reconnaissance diplomatique pourrait ainsi inciter d’autres pays européens à emboîter le pas, facilitant les échanges commerciaux et les déplacements à l’étranger des citoyens maliens, burkinabè et nigériens.

Ce développement marque donc un tournant stratégique pour l’AES, qui entend bâtir sa souveraineté sur des outils concrets. Le passeport commun, désormais reconnu, en est l’un des premiers symboles tangibles.

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