Anne « Jakkaphong » Jakrajutatip est une figure qui incarne à la fois la réussite financière spectaculaire et l’activisme pour les droits transgenres. Propriétaire thaïlandaise et co-dirigeante de la Miss Universe Organization (MUO), elle est passée en quelques années de magnat des médias à un acteur central du monde des concours de beauté, avant de se retrouver au cœur d’un grave scandale judiciaire.

Le chemin d’Anne Jakrajutatip est marqué par une détermination féroce à aligner son identité physique avec son identité profonde .
Née assignée au genre masculin, Anne a publiquement et courageusement entrepris sa transition pour devenir la femme qu’elle est. Cette métamorphose, qu’elle a souvent partagée avec le public, en a fait une icône et une militante majeure pour les droits LGBTQIA+ en Thaïlande et au-delà.
Son identité transgenre a été un élément clé lors de l’acquisition de Miss Univers en 2022. Elle est devenue la première femme (et la première femme transgenre) à détenir le concours, une démarche perçue comme un pas audacieux vers plus de diversité et de modernité dans l’univers des reines de beauté.
Le Revers de Fortune : De la Dirigeante à l’Accusée

La période de gloire fut cependant de courte durée. Depuis 2023, la fortune et la crédibilité d’Anne Jakrajutatip sont attaquées sur le front financier :
En 2023, elle vend 50 % de MUO à Legacy Holding Group, signalant des difficultés financières au sein de JKN Global. En juin 2025, elle quitte tous ses postes exécutifs après des soupçons de falsification d’états financiers, tout en restant actionnaire majoritaire.
Le 25 novembre 2025, la crise atteint son paroxysme. Accusée de fraude pour avoir persuadé un chirurgien d’investir environ 930 000 USD dans des obligations irremboursables de JKN Global, elle ne s’est pas présentée au tribunal. Un mandat d’arrêt a été émis à son encontre pour risque de fuite.
Ce mandat d’arrêt, couplé aux accusations de trafic criminel visant son co-propriétaire, Raúl Rocha Cantú, pose la question de la pérennité et de l’intégrité de l’Organisation Miss Univers, que Anne Jakrajutatip avait pourtant promis d’élever vers de nouveaux sommets de diversité. Sa chute judiciaire jette une ombre sans précédent sur son héritage.































