Après cinq années de répit, la Côte d’Ivoire est de nouveau confrontée à une menace sanitaire redoutée : la grippe aviaire. L’apparition d’un foyer du virus H5N1 dans la localité de Koun-Fao, dans la région du Gontougo, ravive les inquiétudes au sein d’un secteur en pleine expansion.
L’alerte a été donnée le 16 avril par l’Organisation mondiale de la santé animale (OMSA). Selon les premières informations, près de 95 000 volailles ont déjà péri dans cette exploitation touchée par une souche hautement pathogène. Si l’origine exacte de la contamination reste inconnue, la dangerosité du virus, elle, ne fait aucun doute.
Une filière fragilisée malgré une croissance spectaculaire
Cette résurgence intervient à un moment charnière pour la filière avicole ivoirienne. Portée par une demande croissante et des investissements soutenus, elle a connu une progression remarquable ces dernières années. Entre 2014 et 2024, le cheptel national a quasiment triplé pour atteindre environ 149 millions de têtes.
Mais cette dynamique reste vulnérable. Le souvenir de la crise de 2021, survenue à Grand-Bassam, est encore vivace. À l’époque, plus de 600 000 volailles avaient été abattues pour contenir la propagation du virus, générant des pertes estimées à plus de 3 milliards de francs CFA.
Un risque systémique pour toute la chaîne
Au-delà des pertes directes, c’est toute l’économie du secteur qui pourrait être affectée. La mise en place de mesures sanitaires strictes quarantaine, désinfection, restriction des déplacements entraîne des coûts considérables pour les éleveurs comme pour l’État.
Les petits producteurs, souvent moins équipés pour faire face à ce type de crise, apparaissent particulièrement exposés. Une propagation incontrôlée du virus pourrait également perturber l’approvisionnement des marchés, avec des répercussions possibles sur les prix et la sécurité alimentaire.
Une course contre la montre pour contenir le virus
Les autorités sanitaires sont désormais engagées dans une course contre la montre pour circonscrire le foyer identifié à Koun-Fao. L’enjeu est de taille : éviter une propagation à l’échelle nationale qui compromettrait les ambitions de la Côte d’Ivoire de s’imposer comme un acteur majeur de la filière avicole en Afrique de l’Ouest.
« Tout dépendra de notre capacité à contenir rapidement ce foyer. Nous sommes peut-être face à un incident isolé… ou au début d’une crise plus large », confient des experts du secteur.































