Entendu le 15 avril 2026 par les instances disciplinaires du Parti des Peuples Africains Côte d’Ivoire (PPA-CI), Stéphane Kipré, ancien premier vice-président, a transmis un document de cinq pages pour justifier sa candidature « dissidente » aux législatives de décembre 2025. Dans ce mémo, il plaide la sincérité de ses convictions tout en réaffirmant sa loyauté envers Laurent Gbagbo.
L’affaire secoue les rangs du PPA-CI depuis que Stéphane Kipré a décidé de passer outre le mot d’ordre de boycott des élections législatives lancé par le Comité Central le 6 novembre 2025. Pour expliquer cet acte de désobéissance, l’ancien gendre de Laurent Gbagbo a déposé un mémoire détaillé visant à clarifier ses intentions et à apaiser les tensions internes.
Un engagement au-delà de l’opportunisme
Dans la première partie de son argumentaire, Stéphane Kipré rappelle qu’il est un membre fondateur du parti, ayant sacrifié sa propre formation (l’Union des Nouvelles Générations) pour suivre Laurent Gbagbo. Il insiste sur le fait que son attachement au PPA-CI est « ancien et éprouvé« , évoquant ses tournées de terrain risquées, notamment dans le Worodougou en 2023.
Le traumatisme des régionales et l’influence des discours de Gbagbo
Le point central de sa défense repose sur une analyse stratégique. Kipré revient sur l’épisode des élections régionales de 2023 dans le Haut-Sassandra. À l’époque, il s’était retiré au profit du candidat du PDCI-RDA sur instruction du parti, une décision qui s’était soldée par une défaite cuisante et un sentiment d’abandon chez les militants locaux.
Pour justifier son maintien aux législatives de 2025 malgré l’interdiction, il s’appuie sur les propres mots de Laurent Gbagbo. Il cite un discours du « Chef » d’avril 2023 affirmant qu’il ne fallait « plus jamais manquer les élections », car l’absence de représentativité causait trop de préjudices au parti. Kipré soutient que sa candidature visait à empêcher que les bastions du PPA-CI ne tombent aux mains du RHDP, le parti au pouvoir.
Un « signal d’alerte » plutôt qu’un défi à l’autorité
L’ancien vice-président récuse toute ambition personnelle ou manœuvre opportuniste. Il décrit sa démarche comme un « signal d’alerte politique » face à ce qu’il considère comme des choix stratégiques risquant d’effacer le parti du paysage institutionnel. S’il reconnaît aujourd’hui que sa méthode a pu nuire à la discipline collective, il réitère ses excuses publiques au président Gbagbo. Il précise également qu’il ne cherche pas, à travers cette procédure, à retrouver ses anciennes fonctions de direction.
Prêt à rester « militant de base »
En conclusion, Stéphane Kipré se dit prêt à accepter son sort, affirmant qu’il n’a aucun problème à demeurer un simple « militant de base » pourvu qu’il puisse continuer à œuvrer au rayonnement du parti. Il appelle le Conseil de discipline à privilégier l’unité et la « maturité politique » pour préparer les échéances futures, tout en assumant la responsabilité de ses actes. Reste désormais à savoir si ce plaidoyer de cinq pages suffira à convaincre les instances du PPA-CI de clore ce chapitre de dissension interne.
Srce / Koaci































