À moins de trois mois du scrutin présidentiel prévu le 12 octobre 2025, le débat politique au Cameroun s’intensifie autour de la possible candidature du président sortant, Paul Biya, âgé de 92 ans. De nombreuses voix s’élèvent pour remettre en question non seulement la légitimité d’un nouveau mandat, mais aussi la capacité du chef de l’État à conduire seul une campagne électorale et, plus encore, un nouveau septennat.

Des analystes dénoncent une influence extérieure dans le processus décisionnel du président, laissant entendre que sa volonté personnelle pourrait être secondaire face aux intérêts d’un cercle restreint. Sur le terrain, l’idée d’un huitième mandat est accueillie avec lassitude, même parmi certains de ses anciens soutiens. Le sentiment général qui monte est celui d’un besoin de renouvellement.
Du côté de l’opposition, un vent d’unité commence à souffler. Le rapprochement entre certaines figures majeures, notamment Maurice Kamto et Anicet Ekane, est perçu comme un signe d’espoir pour une alternative crédible. Des appels à dépasser les querelles personnelles se multiplient. Des leaders exhortent les opposants à faire front commun, au nom de l’intérêt national et de la nécessité d’une alternance pacifique.
Cette dynamique est soutenue par une évolution notable du corps électoral. D’après les chiffres publiés par Elections Cameroun (Elecam), plus de 8 millions d’électeurs sont désormais inscrits sur les listes, contre seulement 2,5 millions de voix recueillies par le président sortant lors du dernier scrutin. Cette croissance, combinée à une désaffection populaire pour le pouvoir en place depuis plus d’un quart de siècle, alimente les projections les plus optimistes chez les opposants : certains évoquent la possibilité que Paul Biya soit relégué à la troisième place au soir du vote.
Pendant ce temps, le président multiplie les appels à la cohésion et à la stabilité. Dans un message publié sur ses réseaux sociaux le 20 juillet, il a exhorté les différentes forces vives agriculteurs, commerçants, jeunes, fonctionnaires, entrepreneurs à préserver l’unité du pays face aux tensions.
Sur le plan administratif, le processus électoral suit son cours. À ce jour, 31 dossiers de candidatures ont été enregistrés par Elecam. Mais au-delà des procédures, c’est bien l’avenir politique du Cameroun qui se joue, entre soif de changement, résistances du système en place, et une population de plus en plus consciente de son pouvoir.
































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