Avocate engagée et figure montante de la société civile, Maître Abiba Touré est devenue ces derniers mois l’un des visages les plus visibles du Front commun, une coalition de partis politiques portée par le PPA-CI de l’ancien président LaurentGbagbo et le PDCI-RDA dirigé par Tidjane Thiam, tout deux inéligibles pour l’élection présidentielle en cours.

Porte-parole attitrée de ce mouvement, elle s’exprime régulièrement dans les médias, interpelle les autorités, mobilise les foules et lance des appels à manifestation. Un engagement qui, dans un contexte politique actuellement tendu en pleine période électorale pourrait ne pas être sans conséquences
Une prise de parole à haut risque
En endossant la fonction de porte-parole du Front commun, Maître Abiba Touré s’expose directement à des pressions multiples : politiques, judiciaires et même personnelles. Ses récentes déclarations sur la gouvernance, la transparence des institutions et les droits civiques n’ont pas manqué de faire réagir au plus haut niveau. Plusieurs figures du pouvoir ont déjà dénoncé ce qu’elles qualifient de « discours subversifs » ou de « tentatives de déstabilisation« .
« Le fait de représenter publiquement un mouvement contestataire, dans un climat où la liberté d’expression est surveillée, fait d’elle une cible potentielle« , explique un politologue sous couvert d’anonymat.

Un encadrement légal ambigu
Sur le plan juridique, rien n’interdit à un avocat ou à un citoyen de représenter un mouvement politique ou social. Toutefois, les autorités peuvent invoquer certaines lois, comme celles sur « l’incitation à la révolte« , » la diffusion de fausses informations » , ou encore « l’atteinte à la sûreté de l’État« , pour poursuivre des leaders d’opinion. Des chefs d’accusation souvent critiqués pour leur imprécision et leur usage politique.
« Nous assistons à une criminalisation de la parole dissidente », déplore un membre du collectif des avocats pour la démocratie. « Maître Touré est dans son rôle, mais cela ne suffit plus à la protéger. »
Un précédent qui inquiète
Maître Touré n’est pas la première à occuper une telle position dans un contexte mouvementé. Dans le passé, d’autres figures de la société civile ou de l’opposition ayant pris la parole au nom de coalitions similaires ont fait l’objet d’intimidations, voire d’arrestations.
Ces précédents renforcent les inquiétudes autour de sa sécurité et de sa liberté.
« Le risque est réel, surtout si le Front commun continue de gagner en influence à travers marches et boycott », estime un analyste politique. « Elle pourrait faire face à une campagne de discrédit, voire à des poursuites judiciaires.«
Une posture courageuse mais exposée
Malgré les menaces potentielles, Maître Abiba Touré n’a pas donné de signe de recul. Elle affirme assumer son rôle « avec responsabilité et détermination« , et rappelle que « le droit à l’expression et à la mobilisation est garanti par la Constitution« .
Le soutien populaire dont elle bénéficie, notamment parmi les jeunes et dans les milieux juridiques, pourrait jouer un rôle dissuasif face à toute tentative de répression.
Mais cela suffira-t-il ?
En tant que porte-parole du Front commun, Maître Abiba Touré incarne un mouvement contestataire dans un contexte où toute voix dissidente est scrutée, parfois réprimée si elle violent les lois. Si son engagement est salué par une partie de la société civile, il n’en demeure pas moins que sa position l’expose à des risques juridiques et politiques importants.
Maître Habiba Touré est une brillante avocate franco-ivoirienne, figure politique en Côte d’Ivoire, surtout connue pour être l’avocate et la porte-parole de l’ancien président Laurent Gbagbo.
Ahmed Coulibaly































