À quelques mois d’un scrutin présidentiel capital, une partie de l’opposition ivoirienne sonne l’alarme : la compétition est déjà biaisée. À la mythique place Ficgayo, devenue l’épicentre d’un cri collectif, la Coalition pour l’Alternance Pacifique en Côte d’Ivoire (CAP-CI) accuse le régime en place de verrouiller toutes les issues démocratiques.
En première ligne, Charles Blé Goudé, Pascal Affi N’Guessan, Tidjane Thiam (en exil), et Simone Ehivet Gbagbo ont fait front commun pour dénoncer ce qu’ils qualifient de confiscation du processus électoral. Une CEI contrôlée à 97 % par des membres du RHDP, selon les propos d’Affi, un corps préfectoral inféodé, une justice soumise, une armée politisée, des adversaires radiés : le tableau dressé est celui d’une élection « déjà gagnée d’avance » par le pouvoir.
Le président du COJEP, Charles Blé Goudé, a utilisé une formule frappante : « Personne n’a un ACD sur la Côte d’Ivoire », pour dénoncer la captation des institutions. L’opposition parle d’un système électoral conçu pour exclure, affaiblir et décourager, dans un contexte où des figures majeures comme Guillaume Soro ou Laurent Gbagbo sont toujours absentes de la course.
La CAP-CI exige donc une réforme immédiate de la CEI, un dialogue politique sincère et la réintégration des candidats écartés. Mais le pouvoir entend-il encore la voix de ses opposants, ou les considère-t-il déjà comme des perturbateurs sans influence ?
Le vrai enjeu de 2025 ne serait-il pas l’illusion d’une démocratie, habillée pour la façade, mais contrôlée en coulisse ?
































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