À moins de cinq mois de l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire prévue pour le 25 octobre 2025, une mission d’évaluation préélectorale de l’Union africaine tire la sonnette d’alarme à Abidjan.
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Ce vendredi 13 juin 2025, la résidence privée du président Alassane Ouattara à Cocody Riviera-Golf a accueilli une délégation de haut niveau de l’Union africaine**, dans une ambiance aussi protocolaire que lourde d’implications politiques.
Conduite par Mahamat Saleh Annadif, ancien ministre tchadien des Affaires étrangères et actuel diplomate de haut rang de l’UA, la mission n’est pas venue pour faire de la figuration : elle veut s’assurer que la présidentielle ivoirienne ne dégénère pas en crise électorale, comme cela a déjà été le cas par le passé.
« Si demain la Côte d’Ivoire éternue, c’est toute la région qui risque d’être enrhumée », a averti Mahamat Saleh Annadif, à l’issue de l’audience avec Ouattara.
Un message fort, qui résonne comme un avertissement diplomatique à peine voilé, dans un contexte ouest-africain fragilisé par les tensions politiques et les coups d’État successifs au sein de la CEDEAO (Mali, Burkina Faso, Guinée, Niger).
La présidentielle ivoirienne 2025 : un test régional pour la stabilité
La mission d’observation électorale de l’Union africaine est présente en Côte d’Ivoire depuis plusieurs jours. Objectif officiel : évaluer les conditions politiques et institutionnelles du scrutin du 25 octobre, afin de garantir des élections transparentes, pacifiques et inclusives.
Mais en coulisses, les inquiétudes grandissent. L’UA redoute un scénario à la sénégalaise, où des tensions entre pouvoir et opposition dégénèrent en violence. D’autant que la Côte d’Ivoire est considérée comme un pilier stratégique dans la sous-région ouest-africaine.
« Nous sommes venus féliciter le président pour ses efforts, mais aussi pour discuter de l’avenir. Car la stabilité de la Côte d’Ivoire, c’est la stabilité de toute la CEDEAO », a déclaré Annadif.
Un processus électoral sous surveillance internationale
Alassane Ouattara a, selon la délégation, exprimé son engagement à organiser un scrutin apaisé et crédible. Pourtant, des voix s’élèvent déjà dans la société civile et dans l’opposition pour dénoncer un manque de transparence, un déséquilibre des forces institutionnelles, et un verrouillage progressif de l’espace démocratique.
La mission de l’UA a d’ailleurs rencontré plusieurs acteurs politiques ivoiriens. À tous, elle a rappelé que chacun devra jouer sa partition pour éviter une nouvelle crise électorale en Côte d’Ivoire.
Une élection à hauts risques, un pouvoir silencieux
Mais une grande question demeure : Ouattara sera-t-il candidat pour un quatrième mandat ? À cinq mois du scrutin, aucune annonce officielle n’a été faite, laissant planer une ambiguïté qui attise les tensions politiques.
Dans ce contexte, la crédibilité de l’Union africaine est aussi en jeu. Accusée de passivité lors de précédents scrutins sur le continent, l’organisation doit aujourd’hui prouver son efficacité dans la prévention des crises électorales.
Tous les signaux sont au rouge
Si la présidentielle de 2025 en Côte d’Ivoire est mal gérée, les conséquences pourraient être dramatiques, non seulement pour Abidjan, mais pour toute l’Afrique de l’Ouest. Comme l’a si bien résumé le diplomate tchadien de l’Union africaine,
« Si la Côte d’Ivoire tombe malade, c’est toute la sous-région qui va en payer le prix































