La Commission Électorale Indépendante (CEI) a rendu publique, ce mercredi 4 juin 2025, la liste électorale définitive. Si les chiffres impressionnent 8.727.431 électeurs inscrits, dont 715.008 nouveaux , c’est surtout l’absence criante de plusieurs figures majeures de l’opposition qui retient l’attention.
Laurent Gbagbo, Guillaume Soro, Charles Blé Goudé et Tidjane Thiam, tous potentiels prétendants à la magistrature suprême, ont été purement et simplement radiés, comme en 2020. Officiellement, pour des raisons judiciaires pénales pour les uns, administratives pour les autres.Mais à sept mois de la présidentielle, ces exclusions relancent les soupçons d’un verrouillage du jeu électoral.
Une radiation politique déguisée ?
Dans un contexte où le RHDP, parti au pouvoir, domine largement les institutions, la radiation systématique de ses anciens adversaires interroge. Peut-on encore parler de compétition électorale lorsque les principaux opposants sont rayés de la carte électorale?
Laurent Gbagbo, entre Bruxelles et Abidjan, reste empêtré dans une condamnation qui continue de faire débat.
Guillaume Soro, toujours en exil, reste frappé par une lourde peine judiciaire.
Charles Blé Goudé, pourtant revenu au pays depuis 2022, n’a toujours pas retrouvé ses droits civiques.
Tidjane Thiam, dont le retour en politique a suscité beaucoup d’espoir au sein du PDCI, est exclu pour des raisons administratives , alors même qu’il séjourne en France depuis plus de deux mois.
Une élection déjà pliée ?
La question devient inévitable : à quoi bon organiser une élection si les dés sont pipés d’avance ?
Avec des poids lourds de l’opposition absents, le scrutin présidentiel d’octobre risque fort de ressembler à une simple formalité pour le RHDP, tant l’alternance semble neutralisée par les mécanismes judiciaires et administratifs.
Une démocratie sous tension
Ces radiations, pour certains perçues comme des manœuvres d’élimination politique, pourraient accentuer le désintérêt des électeurs, voire raviver les tensions postélectorales, que le pays a déjà durement connues.
Alors que le gouvernement insiste sur la régularité du processus, une partie de l’opinion publique, elle, dénonce un simulacre d’élection orchestré au sommet
En 2025, la Côte d’Ivoire risque-t-elle de vivre une présidentielle sans véritable débat démocratique ?
La question dérange, mais elle est plus que jamais d’actualité.
































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