À l’approche de l’ouverture officielle de la campagne électorale pour le scrutin présidentiel du 12 avril 2026, la tension politique monte d’un cran. L’activiste panafricaniste Kemi Seba, en rupture ouverte avec le régime de Cotonou, appelle les électeurs à déserter les urnes, dénonçant un processus taillé sur mesure pour le dauphin désigné du pouvoir, Romuald Wadagni.
Un duel verrouillé ?
Le calendrier est désormais bien enclenché. Selon les directives de la Commission Électorale Nationale Autonome (CENA), la campagne électorale débutera ce 27 mars pour s’achever le 10 avril, soit 48 heures avant le premier tour.
Sur la ligne de départ, le paysage politique semble s’être considérablement rétréci. Le duo soutenu par la mouvance présidentielle, composé de Romuald Wadagni (actuel ministre de l’Économie) et de sa colistière Mariam Chabi Talata, fait figure de grand favori. Face à eux, l’opposition est représentée par Paul Hounkpè (FCBE), une candidature perçue par une partie de l’opinion radicale comme une « opposition modérée », voire un accompagnement démocratique nécessaire pour valider le scrutin.
La charge virulente de Kemi Seba
Depuis l’étranger, Kemi Seba n’a pas tardé à réagir au lancement imminent des hostilités électorales. Dans une déclaration au vitriol, le leader de l’ONG Urgences Panafricanistes ne mâche pas ses mots :
« Cette élection n’est pas un rendez-vous démocratique, c’est une mascarade visant à installer par la force un technocrate au service d’intérêts extérieurs. »
Visant directement Romuald Wadagni, qu’il présente comme l’héritier imposé par Patrice Talon, Kemi Seba exhorte les Béninois à pratiquer la politique de la « chaise vide ». Pour lui, participer à ce vote reviendrait à légitimer un système de parrainages et un code électoral qu’il juge « exclusifs » et « corrompus ».
Un contexte de haute tension
Cet appel au boycott intervient dans un climat particulièrement lourd. Kemi Seba, déchu de sa nationalité française il y a deux ans et visé par un mandat d’arrêt international depuis fin 2025 pour « apologie de crime contre l’État », continue d’exercer une influence notable sur une partie de la jeunesse béninoise via les réseaux sociaux.
Alors que le pouvoir vante la stabilité et la poursuite des réformes économiques portées par Wadagni, l’ombre de l’exclusion des grandes figures de l’opposition notamment le parti Les Démocrates qui a vu ses candidatures recalées faute de parrainages suffisants plane sur la légitimité de cette échéance du 12 avril.































