L’annonce était attendue avec impatience dans tout le secteur. Ce mercredi 2 avril à Abidjan, le ministre de l’Agriculture, Kobenan Kouassi Adjoumani, a dévoilé le nouveau prix bord-champ du cacao : 2 200 francs CFA le kilo pour la campagne intermédiaire. Un record historique pour les producteurs ivoiriens.
« Après analyse des composantes de la vente anticipée du cacao, le prix du kilogramme de cacao bien fermenté, bien grillé et bien séché augmente de 22,2 %. Il est désormais fixé à 2 200 francs CFA », a précisé le ministre, lors d’une cérémonie organisée à Abidjan.

Jamais auparavant le cacao n’avait atteint un tel niveau. À titre de comparaison, le prix bord-champ avait été fixé à 1 800 francs CFA en septembre 2024 pour la récolte principale, un record déjà salué à l’époque. En 2023, il était encore à 1 000 francs CFA, soit plus que doublé en l’espace de deux ans.
Une bonne nouvelle, mais des attentes persistantes
Dans les zones de production, l’annonce a été accueillie avec un mélange de soulagement et de prudence.
« Je ne m’attendais pas à ça », réagit Chantal, productrice installée près de Daloa. « Je ne pensais pas que ça allait dépasser 2 000 francs. Ce nouveau prix va nous permettre de mieux prendre soin de nos familles. »
À Duékoué, Albert, lui aussi planteur, se réjouit, mais garde une certaine réserve :
« C’est un jour extraordinaire, mais est-ce que cela suffira à freiner la contrebande ? Le trafic vers la Guinée ou le Liberia est toujours tentant. Il faudrait en faire plus. »
Des syndicats plus critiques
Du côté des représentants agricoles, le ton est un peu plus mesuré. Moussa Koné, secrétaire général du Synapci, estime que ce prix, bien qu’en hausse, ne suffit pas à répondre aux défis du secteur, notamment le réchauffement climatique.
« Les gens applaudissent, mais la réalité est plus dure. On fait face à des bouleversements climatiques majeurs qui menacent directement la production. C’est ce sujet qu’il faudrait mettre au cœur du débat. »
Une hausse qui contraste avec les prix mondiaux
Cette augmentation intervient alors que le cours mondial du cacao a atteint un sommet historique de 7 500 euros la tonne, soit plus du double du prix bord-champ payé en Côte d’Ivoire, premier producteur mondial de fèves.
Un écart qui alimente depuis des années les débats sur la rémunération équitable des producteurs africains, alors que les marchés internationaux continuent de spéculer sur cette matière première prisée.































