Alors que la République Démocratique du Congo ambitionne de devenir la batterie énergétique de l’Afrique, le quotidien des Congolais, lui, s’écrit à la lueur des bougies. À Kinshasa comme en province, le réseau électrique s’effondre, plongeant des quartiers entiers dans une obscurité qui dure parfois plus d’une semaine.
Le calvaire du « noir total »
À Kinshasa, la capitale aux 17 millions d’habitants, le courant est devenu un luxe. Dans des communes comme Makala ou Kintambo, les transformateurs explosent sous le poids de la vétusté, laissant des familles entières sans électricité pendant sept, dix, voire quinze jours consécutifs. Ce n’est plus du délestage, c’est un sevrage énergétique.
Les petits commerces (boutiques, salons de coiffure, dépôts de vivres frais) tournent à perte ou ferment. L’absence d’éclairage public favorise les poches d’insécurité où le banditisme urbain prospère. Les ménages doivent se rabattre sur des braises ou des groupes électrogènes coûteux, alourdissant un budget déjà précaire.
Infrastructures : Le poids des années
La Société Nationale d’Électricité (SNEL) pointe du doigt un réseau à bout de souffle. Entre les câbles souterrains qui datent de l’époque coloniale et le manque criant d’investissements dans la maintenance d’Inga, le fossé se creuse. Si des projets comme le barrage de Kakobola offrent une lueur d’espoir pour le Grand Bandundu, l’urgence reste nationale.
Un cri de détresse citoyen
Sur les réseaux sociaux et dans les rues, la colère gronde. Les collectifs de la société civile, à l’image de la CORAP, multiplient les rapports alarmants. Pour beaucoup, il est inadmissible qu’un pays doté d’un potentiel de 100 000 MW ne parvienne pas à éclairer ses propres foyers.
Le défi pour 2026 est clair : passer des discours de « potentiel énergétique » à la réalité du « bouton qui allume la lampe« . Sans une réforme structurelle profonde, le poumon de l’Afrique risque de continuer à respirer dans le noir.































