Abidjan, Côte d’Ivoire – 26 septembre 2025 – Dans une rencontre marquée par la vigilance et la fermeté, le Procureur de la République, Koné Braman Oumar , a tenu à sensibiliser les administrateurs de pages sur les réseaux sociaux en Côte d’Ivoire sur leurs responsabilités légales, à quelques semaines des élections présidentielles 2025 .
Les administrateurs de pages seront désormais comme complices
Selon le procureur Koné Braman Oumar , les propriétaires de pages Facebook, de sites d’actualité et de comptes influents seront désormais tenus juridiquement responsables des commentaires publiés sur leurs espaces .
Même si votre post ne tombe pas sous le coup de la loi, mais qu’un commentaire sous votre post incite à la haine, menace de mort, contient des propositions xénophobes ou injurieux, des propositions sur le genre, sur l’orientation sexuelle ou toute autre caractéristique protégée, alors le responsable sera poursuivi mais aussi vous pour complicité, car c’est sur votre page que ces propositions ont été tenues », a averti le Procureur.
Autrement dit, en cas de propositions diffamatoires, d’appels à la haine ou de contenus jugés dangereux, les administrateurs de pages seront poursuivis devant la justice ivoirienne comme complices. Le Procureur a également insisté sur la nécessité de recruter des modérateurs qualifiés pour assurer une veille permanente et supprimer rapidement toute publication susceptible de porter préjudice à la stabilité nationale.
Réactions et controverse
Cette annonce a immédiatement suscité des réactions diverses. Plusieurs acteurs du numérique et blogueurs présents, dont Franck Bi Ballo Zorro , ont exprimé leurs inquiétudes sur la liberté d’expression . Certains ont estimé que cette mesure pourrait servir à museler les voix critiques , surtout à quelques semaines d’une élection tendue.
Les véritables instigateurs des conflits en Côte d’Ivoire sont souvent les politiciens eux-mêmes, qui instrumentalisent les réseaux sociaux », a déclaré un blogueur présent à la rencontre.
Entre sécurisation du cyberespace et risque de censure
Le débat est désormais ouvert : faut-il responsabiliser les administrateurs de pages pour assainir les réseaux sociaux en Côte d’Ivoire , ou s’agit-il d’une nouvelle forme de censure politique ? Cette décision pourrait transformer profondément la manière dont les pages Facebook, blogs et sites d’actualité gèrent leurs contenus, avec des implications directes sur la liberté d’expression et la démocratie numérique dans le pays.
Le Procureur Koné Braman Oumar reste ferme sur ses recommandations : la modération proactive n’est plus une option, mais une obligation pour tous les administrateurs de pages afin d’éviter toute poursuite pour complicité .































