Alors que le Mali, le Burkina Faso et le Niger consolident leur union au sein de la Confédération des États du Sahel (AES), une nouvelle coalition citoyenne, l’Alliance des Démocrates du Sahel (ADS), vient de voir le jour pour contester la militarisation du pouvoir et exiger un retour à l’ordre constitutionnel.
Une synergie d’action née de l’exil
Créée officiellement le 7 avril 2026, l’Alliance des Démocrates du Sahel (ADS) marque une étape charnière dans la contestation politique régionale. Porté par des acteurs de la société civile, des leaders politiques et des figures syndicales issus des trois pays membres de l’AES, ce mouvement opère principalement depuis l’étranger pour échapper à la répression interne.

Selon son secrétaire général, Malick Konaté, l’ADS ne se contente pas de critiques isolées mais prône une « synergie d’action » pour faire contrepoids au « syndicat des putschistes ». Le mouvement revendique déjà une trentaine d’organisations membres et se veut complémentaire de structures nationales préexistantes, comme la Coalition des forces pour la République (CFR) de l’imam Mahmoud Dicko au Mali.
Les piliers de la contestation
Dénonçant une « dérive autoritaire », la coalition réclame le retrait des militaires des instances de décision civile. Face aux suspensions de partis politiques et aux restrictions de la presse, l’ADS appelle à la garantie des libertés fondamentales de réunion et d’expression. La coalition milite pour l’organisation de scrutins transparents afin de mettre fin aux transitions qui, dans certains cas, ont été prolongées jusqu’à cinq ans.

Le « mur de la souveraineté » de l’AES
En face, les dirigeants de la Confédération les généraux Abdourahamane Tiani et Assimi Goïta, et le capitaine Ibrahim Traoré affichent une unité sans faille. Pour eux, l’année 2026 est celle de la « structuration » et de la « refondation ».
Au cours des derniers sommets à Niamey, la priorité absolue reste la sécurité, érigée en condition préalable à toute ambition politique. Les autorités de l’AES dénoncent systématiquement ces mouvements d’opposition comme des instruments d’« ingérence étrangère », notamment après les récentes résolutions du Parlement européen appelant à la libération de l’ancien président nigérien Mohamed Bazoum.
Un bras de fer géopolitique
L’émergence de l’ADS intervient dans un contexte de rupture consommée avec la CEDEAO. Alors que l’AES lance ses propres outils de souveraineté, comme la nouvelle Carte Nationale d’Identité Biométrique de la Confédération, l’opposition démocratique tente de mobiliser la diaspora et les partenaires internationaux pour briser l’isolement des populations civiles.
Le futur de la région semble désormais suspendu à l’issue de ce duel : d’un côté, une vision de « démocratie souveraine » portée par les militaires ; de l’autre, une résistance citoyenne qui refuse de voir l’état d’exception devenir la norme permanente au Sahel.































