La petite ville de Sampa, située dans la région Bono du Ghana et à une vingtaine de kilomètres de Bondoukou (Côte d’Ivoire), a été secouée début septembre 2025 par de violents affrontements liés à un différend de chefferie. Selon les informations recueillies, les heurts ont fait plusieurs blessés et au moins un mort. Des maisons ont été incendiées et des commerces pillés, plongeant la population dans la peur. Face à l’escalade, la police et l’armée ghanéennes ont été déployées pour rétablir l’ordre.
Un conflit ancien ravivé
À l’origine de ces violences : la rivalité entre deux factions qui revendiquent le contrôle du stool (siège traditionnel de la chefferie) de Sampa. Ce litige, qui remonte à plusieurs années, n’a jamais trouvé de solution durable malgré diverses médiations coutumières et interventions des autorités. Le conflit dépasse le simple cadre de la succession : il touche aussi au contrôle des terres, des revenus agricoles et de l’influence politique locale.
Entre rivalités coutumières et tensions identitaires
Si le différend est essentiellement coutumier, il prend une résonance particulière en raison des appartenances ethniques de la zone, où cohabitent notamment des Abron et des Ashanti. Ces affiliations peuvent renforcer les divisions, alimenter les discours identitaires et élargir la fracture au-delà de la seule chefferie. Les observateurs soulignent toutefois qu’il s’agit avant tout d’une lutte de pouvoir local, dont les conséquences sont amplifiées par les sensibilités communautaires.
Une menace transfrontalière
La localisation de Sampa, à proximité immédiate de la frontière ivoirienne, soulève des inquiétudes à Bondoukou et dans ses environs. Des familles, des réseaux commerciaux et des communautés ethniques s’étendent de part et d’autre de la frontière. Tout débordement ou rumeur de violence peut donc se propager rapidement en Côte d’Ivoire, avec un risque de crispations locales. Les autorités ivoiriennes suivent la situation de près afin d’éviter toute contagion sécuritaire.
Des leaders traditionnels et religieux ont multiplié les appels au dialogue, tandis que des responsables politiques locaux ont exhorté la population à ne pas céder aux discours de haine. Le gouvernement ghanéen, de son côté, a promis de renforcer la sécurité et de relancer un processus de médiation pour régler la crise de chefferie à la racine.































