La Côte d’Ivoire traverse une crise majeure au sein de sa sélection nationale de rugby, visiblement livrée à elle-même lors de l’édition 2024 de la Coupe d’Afrique des nations, qui s’est tenue à Kampala, en Ouganda, du 18 au 29 juillet 2024 .
Des conditions indignes à Kampala
Selon les témoignages recueillis, les joueurs ivoiriens ont affronté une série de carences graves : absence de prises en charge par la fédération, matériel médical inexistant, préparation physique inexorablement lacunaire, et soutien financier presque absent. Ils ont dû payer eux-mêmes leurs visas, transports, repas et hébergement en France, sans qu’aucun remboursement ne leur soit accordé à leur arrivée à l’aéroport.
Problème de transparence financière
Des règlements émis par le ministère des Sports sous forme de chèques sans provision jetteraient une ombre sur la gestion de la sélection. Aucune assurance n’aurait été souscrite, contraignant les joueurs blessés à avancer de l’argent pour leurs soins, sans aucune sécurité de remboursement. L’absence de soutien du président de la FIR (Fédération Ivoirienne de Rugby), en poste depuis mi‑2024 voire au-delà, a exacerbé le sentiment d’abandon. Les tensions institutionnelles couvées depuis des années, notamment les crises de gouvernance qui ont rythmé les assemblées générales, en témoignent.
Rupture avec l’encadrement technique
Un épisode-clé concerne la démission de l’entraîneur en chef avant le match contre le Sénégal, déclarant : « Je savais que de toute façon vous alliez perdre ». Ses propos acerbes ont suscité une réaction unanime de colère : les joueurs ont boycotté collectivement l’entraînement du 15 juillet 2025, contraignant le capitaine Elias Coulibaly à mener seul la session de préparation.
Résultats décevants sur le terrain
Sportivement, la Côte d’Ivoire a terminé à une décevante 6ᵉ place du tournoi masculin, vaincue notamment par le Sénégal (3‑28 en match de classement) après sa défaite contre l’Algérie en quart (6‑41) ([Sport Ivoire][2]). L’équipe féminine, quant à elle, a terminé dernière lors de la Rugby Africa Cup féminine en avril 2025, écrasée notamment 52‑0 par l’Ouganda .
Appel à la réaction
Face à ce tableau dramatique, un message reçu en privé au sein du groupe révèle un cri d’alarme collectif : les joueurs exigent une réaction immédiate du ministère des Sports et des autorités ivoiriennes. Ce traitement, jugé honteux, porte atteinte à leur intégrité physique et morale, tout en ternissant l’image de la Côte d’Ivoire sur la scène continentale. Le rugby ivoirien mérite, selon eux, une remise à plat de sa gouvernance et un engagement concret des institutions.
La crise vécue par les Éléphants rugbymen n’est pas seulement sportive : elle appelle une réaction politique et institutionnelle majeure. L’image du pays est en jeu : elle exige que les joueurs soient protégés, soutenus et respectés. Le rugby ivoirien, avec ses aspirations continentales (notamment l’organisation de compétitions régionales et la structuration des équipes à seven), a besoin de stabilité et de professionnalisme des attentes légitimes que ce scandale vient dramatiquement rappeler.































