L’image d’Épinal du tandem fusionnel entre Bassirou Diomaye Faye et son mentor Ousmane Sonko appartient-elle désormais au passé ? Depuis le 1er mars 2026, le Sénégal retient son souffle face à ce qui ressemble de plus en plus à un divorce politique au sommet de l’État. Entre velléités d’indépendance présidentielle et pressions du Premier ministre, la « Rupture » promise aux Sénégalais prend une tournure inattendue.
Le séisme du 1er mars : Sonko menace de partir
Tout a basculé lors d’une allocution virulente du Premier ministre Ousmane Sonko le week-end dernier. Devant les cadres du PASTEF, le « Patriote en chef » n’a pas mâché ses mots. Accusant certains conseillers de l’ombre au Palais de la République de vouloir « isoler le Président de sa base », Sonko a agité le spectre d’un départ de son parti du gouvernement.

« Si la vision pour laquelle nous nous sommes battus est diluée dans des compromis politiciens, le PASTEF n’aura d’autre choix que de reprendre sa liberté », a-t-il déclaré, lançant un ultimatum à peine voilé à celui qu’il a lui-même propulsé au pouvoir.
Diomaye Faye : L’affirmation d’un Président

En face, Bassirou Diomaye Faye semble vouloir troquer son costume de « plan B » pour celui de chef d’État de plein exercice. Selon des proches de la présidence, le chef de l’État multiplierait les nominations de profils technocrates, loin de l’appareil militant du PASTEF. Ce désir d’autonomie agace profondément la primature. À Dakar, on parle désormais d’un conflit de légitimité :
Sonko estime être le propriétaire du projet politique. Diomaye Faye est celui qui détient le sceau de l’État et la signature constitutionnelle.
La bataille de 2029 a déjà commencé
Pourquoi une telle tension si tôt dans le mandat ? La réponse tient en quatre chiffres : 2029. Les partisans de Sonko craignent que l’exercice du pouvoir ne « normalise » trop Diomaye Faye, au point de le transformer en rival pour la prochaine élection présidentielle. À l’inverse, l’entourage présidentiel dénonce une tentative de mise sous tutelle permanente qui paralyse l’action gouvernementale.
Les conséquences pour le pays
Cette instabilité au sommet de l’exécutif commence à inquiéter les partenaires internationaux et les marchés financiers. Alors que le Sénégal lance de grands projets gaziers et pétroliers, l’absence d’une direction unifiée pourrait freiner les investissements.
Les trois scénarios possibles pour les prochains jours :
Le remaniement de clarification , Diomaye Faye limoge les ministres les plus radicaux du PASTEF pour affirmer son autorité.
Le retrait de Sonko , Le Premier ministre démissionne pour préparer 2029 depuis l’opposition, créant une cohabitation inédite.
La réconciliation de façade , Un nouveau pacte est signé entre les deux hommes pour sauver les apparences avant les prochaines échéances locales.































