Les Seychelles ne font pas seulement de la figuration dans ces éliminatoires de la Coupe du Monde 2026, elles incarnent, malgré elles, l’exemple d’une nation en grande souffrance sur le plan footballistique. Cinq matchs, cinq défaites, aucun but marqué, vingt-trois encaissés. Les chiffres parlent d’eux-mêmes et traduisent le gouffre qui sépare cette sélection du niveau requis pour exister dans le football africain.
Un calvaire sans fin dans ces éliminatoires
Les éliminatoires du Mondial 2026 ont tourné au cauchemar pour les Pirates, comme en témoigne leur dernière sortie face au Gabon, conclue par une nouvelle défaite 3-0. Jim Allevinah a ouvert la marque dès la 3e minute, suivi d’un doublé de Denis Bouanga, sans que les Seychellois ne parviennent à réagir. Une rencontre à l’image de leur parcours : dominés, dépassés, impuissants.
Placés dans un groupe F relevé, avec la Côte d’Ivoire, le Gabon, le Kenya, le Burundi et la Gambie, les Seychelles n’ont jamais pesé dans la compétition. Non seulement ils n’ont pas inscrit le moindre point, mais ils n’ont même pas réussi à faire trembler les filets adverses. Un zéro pointé, qui illustre l’ampleur du chantier auquel est confronté le football seychellois.
Un football en panne de développement
Le mal est profond et dépasse ces simples éliminatoires. Depuis des années, les Seychelles peinent à exister sur la scène internationale. Leur championnat domestique, la First Division, souffre d’un manque criant de compétitivité et de moyens. Peu ou pas de joueurs exportés, des infrastructures limitées, un encadrement technique fragile : tous les ingrédients sont réunis pour expliquer le retard abyssal sur le reste du continent.
Dans les compétitions régionales, la tendance est la même. Lors de la Coupe COSAFA, où ils affrontent d’autres nations d’Afrique australe, les Seychellois peinent à rivaliser et quittent généralement la compétition dès la phase de groupes. L’idée d’une qualification pour la Coupe d’Afrique des Nations, encore moins pour une Coupe du Monde, semble aujourd’hui utopique.
Quel avenir pour le football seychellois ?
À ce stade, le simple fait de rendre la sélection compétitive représenterait une avancée. Pour cela, il faudra plus qu’un changement d’entraîneur ou une nouvelle génération de joueurs : c’est toute la structure du football national qui doit être repensée. Développement des infrastructures, professionnalisation du championnat, formation des jeunes, ouverture vers l’étranger… Les pistes existent, mais les moyens manquent.
En attendant, les Seychelles vont terminer ces éliminatoires comme elles les ont commencés : en souffrance, sans illusion. Reste à savoir si cette énième désillusion servira de déclic ou si le football seychellois continuera de s’enfoncer dans l’anonymat.































