En Côte d’Ivoire, l’ingratitude est perçue comme l’un des pires défauts qu’un individu puisse avoir. Dans la culture populaire, ne pas reconnaître celui qui nous a tendu la main est une faute grave, presque impardonnable. Cette sensibilité se manifeste dans les rapports humains du quotidien, mais elle prend une dimension particulière dans le milieu du showbiz, où les carrières sont souvent construites grâce à un mentor ou un parrain.
Showbiz : quand l’ingratitude coûte une carrière
L’exemple le plus marquant reste celui d’Ariel Sheney. Protégé de DJ Arafat, il a vu sa carrière basculer lorsqu’il s’est éloigné de son mentor. Malgré son talent et quelques succès, beaucoup de fans ne lui ont jamais pardonné ce « désaveu ». Et même six ans après le décès de DJ Arafat, Ariel Sheney peine encore à retrouver la même ferveur populaire. Pour une grande partie du public, il reste l’« enfant prodige » qui a tourné le dos à son « père » musical.
Un autre cas récent illustre ce phénomène : celui de MC One, longtemps présenté comme le poulain de DJ Kedjevara. Leur séparation a rapidement relégué le jeune rappeur dans l’ombre, au point qu’il semble aujourd’hui oublié de la scène musicale ivoirienne. Pour le public, son attitude a été perçue comme un manque de reconnaissance vis-à-vis de celui qui lui avait offert sa première chance.
Une « sanction sociale » immédiate
Dans le showbiz ivoirien, l’ingratitude n’est pas seulement un problème moral : elle a des conséquences directes sur la carrière. Les fans, souvent très attachés aux rapports de loyauté entre artistes et mentors, n’hésitent pas à « boycotter » celui qui est considéré comme ingrat. Le phénomène est d’autant plus fort que le public ivoirien valorise la fidélité et la reconnaissance, au-delà du simple talent artistique.
































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