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Politique

Téné Birahima Ouattara : potentiel dauphin présidentiel ou simple homme de confiance ?

Alors que la Côte d’Ivoire se rapproche de l’élection présidentielle de 2025, le nom de Téné Birahima Ouattara revient avec insistance dans les cercles politiques et sur la place publique. Bien qu’il n’ait pas changé de fonction officiellement toujours ministre d’État, ministre de la Défense la place stratégique qu’il occupe dans l’appareil d’État et sa proximité familiale avec le président Alassane Ouattara nourrissent les spéculations : et si c’était lui, le candidat “naturel” du RHDP, en cas de non-candidature d’Alassane Ouattara ?

Un contexte marqué par l’attente et le flou

Le président Alassane Ouattara reste, à ce jour, le président du RHDP et n’a pas annoncé s’il briguerait un quatrième mandat. Ce flou laisse volontairement le champ ouvert à toutes les hypothèses, tout en conservant l’autorité présidentielle au sein du parti. Dans ce contexte, aucune figure n’est officiellement adoubée, mais plusieurs noms circulent, dont celui de Téné Birahima Ouattara.

Pourquoi lui ? Parce qu’il coche plusieurs cases : proximité personnelle et politique avec le président, maîtrise des dossiers sensibles (sécurité, renseignement, armée), image de discrétion, de loyauté, et de fermeté, et surtout, il incarne la continuité du système actuel, sans rupture brutale.

Un nom qui rassure le noyau dur, mais interroge l’opinion

Du point de vue des cercles proches du pouvoir, Téné Ouattara est une figure de confiance absolue, fidèle et structurée. Son nom rassure ceux qui veulent éviter l’émergence de tensions internes comme celles vécues avec Guillaume Soro ou les ambitions contrariées de Hamed Bakayoko avant sa disparition.

Mais pour une large partie de l’opinion publique, cette perspective d’un frère du président comme successeur possible suscite des critiques sur la concentration familiale du pouvoir, perçue comme une dérive patrimoniale ou monarchique du régime.

Ce serait la première fois dans l’histoire politique ivoirienne contemporaine qu’un chef d’État pourrait passer le flambeau à un membre de sa famille directe. Cela pourrait provoquer une recomposition du paysage politique, mais aussi cristalliser des tensions sociales et électorales.

Le RHDP à la croisée des chemins

Le RHDP est confronté à un dilemme stratégique :

  • Soit Alassane Ouattara se représente pour maintenir la stabilité du système jusqu’à une nouvelle transition mieux préparée.
  • Soit un nouveau visage est choisi, capable d’assurer la continuité tout en donnant l’image d’un renouvellement.

Téné Ouattara pourrait alors être le “candidat du système”, mais sans être un candidat populaire ou charismatique, ce qui poserait la question de sa capacité à mobiliser la base électorale au-delà du vote RHDP traditionnel.

Des figures comme Patrick Achi, Adama Bictogo, ou même Tidjane Thiam (dans l’hypothèse d’un retour politique complet) ont aussi été citées comme prétendants possibles, mais aucun ne dispose d’autant de contrôle sur les leviers régaliens de l’État que Téné Ouattara.

Une décision entre calcul politique et risque démocratique

Si le président Alassane Ouattara décidait de ne pas se représenter et de désigner son frère comme candidat, ce serait une décision lourde de conséquences politiques. Elle viserait à garantir la survie du système actuel, mais au prix d’un affaiblissement potentiel du RHDP sur le plan démocratique et électoral.

Ce scénario :

  • Renforcerait la cohésion du cercle rapproché,
  • Mais pourrait fragiliser l’image du RHDP à l’international,
  • Et servir de catalyseur à une opposition actuellement fragmentée, qui pourrait se réorganiser autour d’une dénonciation du “pouvoir de famille”.

une option possible mais politiquement risquée

Téné Birahima Ouattara apparaît comme une option sérieuse mais clivante pour porter les couleurs du RHDP en 2025, si le président Alassane Ouattara renonce à briguer un nouveau mandat. Son profil sécuritaire, sa loyauté, et sa proximité familiale font de lui un garant de la continuité du régime, mais son absence de charisme politique auprès de l’opinion, son manque d’expérience électorale, et les critiques sur une succession “familiale” font de cette option un choix à haut risque politique.

La balle reste dans le camp d’Alassane Ouattara, seul à même de lever le voile sur ce que sera réellement l’après-2025.

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