Depuis 1967, le Togo vit sous l’autorité d’un seul nom : Gnassingbé. Une dynastie politique fondée par le père, consolidée par le fils, et aujourd’hui menacée par une crise constitutionnelle sans précédent.
Le père : Gnassingbé Eyadéma, 38 ans de règne sans partage
- Arrivé au pouvoir par un coup d’État militaire le 13 janvier 1967, Gnassingbé Eyadéma restera à la tête du pays jusqu’à sa mort en 2005.
- Son régime est marqué par la répression brutale de l’opposition, le culte de la personnalité (il se faisait appeler “le père de la nation”), l’instauration d’un parti unique pendant des décennies (RPT – Rassemblement du Peuple Togolais), des élections largement contestées.
- Eyadéma modifie la Constitution en 2002 pour s’assurer un troisième mandat, à 77 ans.

Le fils : Faure Essozimna Gnassingbé, au pouvoir depuis 2005
- Le 5 février 2005, quelques heures après la mort de son père, l’armée impose Faure Gnassingbé comme président, en violation de la Constitution.
C’est un “coup d’État dynastique” dénoncé par la communauté internationale. - Après une contestation violente (plus de 400 morts selon l’ONU), il est “légalement élu” en avril 2005, une élection entachée de fraudes massives.
- Faure est réélu en 2010, 2015 et 2020, à chaque fois dans un contexte de répression, coupures d’Internet, verrouillage des institutions et violences d’État.
- Durée au pouvoir actuelle : 20 ans.
2024-2025 : Une nouvelle manœuvre pour rester à vie
- En avril 2024, l’Assemblée nationale (dominée par le parti au pouvoir, UNIR) adopte une nouvelle Constitution, sans référendum populaire.
Cette Constitution supprime l’élection présidentielle au suffrage direct et introduit un système parlementaire avec un “Président du Conseil des ministres”. - En mai 2025, Faure Gnassingbé est désigné à ce nouveau poste exécutif, sans élection.
Cela lui permet de rester indéfiniment au sommet de l’État, sans se représenter officiellement. - Ce changement constitutionnel est dénoncé par l’opposition et la société civile comme un coup d’État légal, une tentative de perpétuer la dynastie Gnassingbé au mépris de la souveraineté populaire.
Une stratégie de confiscation du pouvoir
- Faure suit le modèle paternel :
Concentration des pouvoirs, manipulation des lois fondamentales, musèlement des voix dissidentes. - Contrairement à d’autres présidents africains (comme Alpha Condé ou Sassou Nguesso), Faure ne modifie pas la Constitution pour un nouveau mandat présidentiel, mais la contourne en supprimant la fonction elle-même.
- Il évite ainsi un débat sur les mandats…puisqu’il n’est plus “président” au sens classique, mais reste chef exécutif à vie.
Une monarchie républicaine de fait
Depuis 1967, les Togolais n’ont connu que des Gnassingbé à la tête de l’État.
Avec cette nouvelle Constitution imposée sans consultation, le Togo bascule dans une gouvernance à vie masquée par des formes légales, faisant craindre l’érosion totale du pouvoir populaire.
61 ans de règne cumulés entre le père et le fils.
Le peuple togolais réclame désormais non seulement la fin d’un système, mais la restitution de sa souveraineté.
































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